Du 28 au 30 août 2026, la troisième édition du Kampala Writes LitFest réunit écrivains, poètes, artistes et penseurs autour d’une question centrale : qui raconte l’Afrique, et surtout qui a le pouvoir d’imaginer son avenir ? Placé sous le thème « Where Stories Begin: The Imaginary and the Art of Possibility », le festival fait de la littérature un espace de création, de mémoire et de souveraineté narrative.
Kampalza – Imaginer l’avenir peut aussi être un acte politique. C’est l’une des idées fortes du Kampala Writes LitFest, qui s’ouvre ce vendredi 28 août dans la capitale ougandaise. Pendant trois jours, le festival entend interroger la manière dont les récits africains naissent, circulent et se transforment, tout en donnant une place centrale à celles et ceux qui les produisent.
Pour sa troisième édition, la manifestation rassemble des auteurs du continent et de la diaspora, avec la romancière et professeure de création littéraire Chika Unigwe comme invitée principale. Panels, lancements de livres, ateliers, masterclasses, projections et performances prolongent une réflexion qui dépasse largement le seul univers du livre.
Reprendre le contrôle des futurs africains

Dès la première journée, une rencontre consacrée à la science-fiction et aux futurs spéculatifs pose une question essentielle : que se passe-t-il lorsque les écrivains africains reprennent eux-mêmes le droit d’imaginer le futur ?
Le festival considère ainsi la fiction comme un espace où les réalités actuelles peuvent être déplacées, contestées ou entièrement réinventées. Cette réflexion trouve un prolongement dans le débat « The Imagination Gap: Who Gets to Imagine the Future? », consacré au poids persistant des récits hérités de la colonisation et à la nécessité de produire de nouvelles représentations de l’Afrique.
Entre mémoire et nouvelles formes de récit
Le programme ne tourne pas uniquement le regard vers demain. La mémoire occupe elle aussi une place importante. Une rencontre avec Evelyn Amony, enlevée enfant par la Lord’s Resistance Army, revient notamment sur l’écriture comme moyen de reprendre possession de sa propre histoire après la violence.
Le festival explore également les nouvelles formes de transmission : édition audio, podcasts, poésie, cinéma, création numérique et intelligence artificielle. Une discussion prévue autour de la question « Can Machines Imagine? » interrogera ainsi les effets de l’IA sur la création, la propriété des œuvres et l’avenir du métier d’auteur.
Qui définit les histoires africaines ?
La question de la souveraineté narrative traverse finalement toute la programmation. Le dernier jour, un panel intitulé « Who Defines African Stories? » doit notamment interroger le rôle des maisons d’édition et des intermédiaires qui choisissent les textes publiés, diffusés et promus.
À Kampala, l’enjeu dépasse donc la célébration de la littérature. Il s’agit aussi de savoir qui possède la capacité de raconter le continent, de préserver ses mémoires et d’imaginer les mondes qui n’existent pas encore.
En ouvrant cette discussion aux écrivains, artistes, éditeurs et nouvelles générations de lecteurs, le Kampala Writes LitFest affirme une idée simple : écrire l’Afrique, c’est aussi participer à la construction de ses futurs.
La Rédaction

