Après dix ans passés à la tête de l’OTAN, Jens Stoltenberg s’apprête à céder sa place de secrétaire général à Mark Rutte, ancien Premier ministre néerlandais, à compter du 1er octobre. Avant son départ, le leader norvégien a profité d’un discours d’adieu pour alerter les Alliés, tant européens qu’américains, sur les dangers de l’isolationnisme et du protectionnisme, qui pourraient nuire à la sécurité globale.
Dans des extraits de son discours, Stoltenberg avertit que certaines voix, de part et d’autre de l’Atlantique, plaident pour que les États-Unis et l’Europe empruntent des chemins séparés. Il souligne que l’isolationnisme ne garantira la sécurité de personne. Ces propos font écho aux critiques passées de Donald Trump, ancien président américain et candidat républicain, qui avait reproché à ses alliés européens de ne pas contribuer suffisamment au budget de défense de l’Alliance, allant jusqu’à menacer de réduire le soutien américain face à une attaque russe.
Stoltenberg a insisté sur la force et la pertinence de l’OTAN, rappelant que, malgré les critiques la qualifiant de « divisée » ou « obsolète », l’Alliance reste unie et plus essentielle que jamais. Toutefois, pour garantir cet avenir, il a appelé les États membres à accroître leurs investissements dans la défense. Actuellement, seuls 23 des 32 membres respectent l’objectif de consacrer au moins 2 % de leur PIB aux dépenses militaires, fixé il y a dix ans. Il affirme que, bien que cette avancée soit encourageante, elle est insuffisante pour répondre aux menaces actuelles.
Le conflit en Ukraine, une crise majeure au cours du mandat de Stoltenberg, a également été abordé. Le secrétaire général a plaidé pour un dialogue avec la Russie, malgré les réticences de certains pays comme la Pologne et les États baltes. Toutefois, il a précisé que toute discussion doit se faire en position de force pour l’Ukraine, soulignant que la paix doit être soutenue par une défense solide et durable, et non de simples accords sur papier.
Stoltenberg a également averti contre les dangers du protectionnisme entre Alliés, estimant qu’il ne renforçait pas la sécurité commune. Ce message pourrait être perçu comme une critique indirecte de certaines politiques visant à favoriser les industries européennes dans le cadre de l’aide de l’Union européenne aux armements, au détriment des entreprises non-européennes.
Enfin, il a mis en garde contre les tentations de certains pays européens de maintenir des relations commerciales avec la Russie, citant en exemple la Hongrie. Selon lui, la liberté et la sécurité à long terme doivent primer sur des gains économiques à court terme.
Stoltenberg conclut son mandat en laissant à son successeur, Mark Rutte, la tâche de poursuivre la consolidation de l’Alliance dans un contexte international toujours plus incertain.
La Rédaction

