Du 4 au 6 septembre 2026, Blanakour accueille la troisième édition du Festival de l’Artisanat et de la Culture de Blanakour (FARCUB). Dans cette localité du département de N’Gourti, région de Diffa, l’événement entend dépasser la célébration culturelle pour faire des savoir-faire, des productions rurales et du patrimoine des leviers de développement économique et de cohésion sociale.
Blanakour – Ici, préserver une tradition ne signifie pas seulement empêcher sa disparition. L’enjeu est également de savoir si cette tradition peut créer des revenus, soutenir des activités locales et permettre aux populations de tirer davantage de valeur des ressources de leur territoire.
C’est cette ambition qui accompagne l’ouverture, ce vendredi 4 septembre, de la troisième édition du Festival de l’Artisanat et de la Culture de Blanakour. Jusqu’au 6 septembre, artisans, acteurs culturels, populations et autorités doivent se retrouver autour du thème : « Artisanat et culture, facteurs de souveraineté économique et de cohésion sociale ».
Produire localement, mais aussi conserver la valeur
Le choix de la souveraineté économique comme fil conducteur donne au FARCUB une portée particulière. Pour les autorités nigériennes, la question n’est plus uniquement de faire connaître les productions artisanales ou rurales, mais de mieux les structurer afin qu’elles génèrent davantage de revenus dans les territoires où elles sont créées.
La ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Aghaichata Guichène Kari, a notamment défendu à Blanakour la nécessité de faire évoluer un artisanat encore largement tourné vers la subsistance vers des activités mieux organisées, disposant d’équipements, de financements et surtout de débouchés commerciaux.
La même logique vaut pour les activités agricoles et d’élevage. Le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, Mahaman Elhadj Ousmane, a insisté sur la nécessité de mieux valoriser les productions rurales afin qu’une part plus importante de la richesse créée bénéficie directement aux territoires et à leurs populations.
Le festival se situe ainsi à la jonction de plusieurs économies : artisanat, élevage, agriculture, tourisme et commerce local.
Le patrimoine comme ressource économique
Cette approche modifie aussi le regard porté sur le patrimoine. Les pratiques culturelles, les métiers traditionnels et les productions artisanales ne sont plus seulement présentés comme des éléments identitaires à conserver, mais comme des ressources susceptibles d’attirer des visiteurs, d’ouvrir des marchés et de créer de nouvelles activités.
L’Agence de Promotion du Tourisme du Niger défend précisément cette conception du FARCUB. Sa direction estime que la vente d’une production artisanale, la venue de visiteurs ou l’activité générée autour d’un événement culturel peuvent transformer le patrimoine en source concrète de revenus.
Pour une région comme Diffa, cette dimension économique se double d’un enjeu social. Les autorités mettent également en avant la capacité de la culture à créer des espaces de rencontre entre communautés et à maintenir des liens autour de pratiques et de références partagées.
De la cohésion à la souveraineté
Le FARCUB possède déjà cette dimension transfrontalière. Lors de sa deuxième édition, organisée en 2019, Blanakour avait accueilli des participants venus de Diffa, Zinder et Agadez, mais aussi du Tchad et de Libye. Le festival était alors placé sous le thème de l’artisanat et de la culture comme facteurs de paix et de développement.
Sept ans plus tard, le vocabulaire évolue. La paix et la cohésion demeurent, mais la souveraineté économique s’impose désormais au centre du discours.
Ce déplacement révèle une ambition plus large : permettre aux communautés de ne pas seulement conserver leurs savoir-faire, mais d’en vivre davantage. Du 4 au 6 septembre, Blanakour devient ainsi un laboratoire à petite échelle d’une question qui dépasse largement le festival : comment transformer une richesse culturelle et rurale déjà présente en richesse économique qui reste davantage entre les mains de ceux qui la produisent ?
La Rédaction
Sources : Agence Nigérienne de Presse (ANP), 2 septembre 2026 : « FARCUB 2026 : le Gouvernement mobilisé à Blanakour pour faire de l’artisanat et de la culture des leviers de souveraineté économique ».

