Rome veut transformer son modèle de coopération avec l’Afrique, mais les scepticismes persistent.
Giorgia Meloni, Première ministre italienne, a récemment dévoilé son très attendu “plan Mattei pour l’Afrique”, une initiative censée faire de l’Italie un pont stratégique entre l’Europe et le continent africain. Présenté lors d’un sommet international coprésidé avec Ursula von der Leyen, ce projet entend renouveler profondément les relations économiques et politiques entre l’Italie et les pays africains.
Un plan aux ambitions XXL
À travers ce plan, l’Italie vise à renforcer sa présence économique, énergétique et diplomatique en Afrique, en investissant dans les infrastructures, l’agriculture, la formation, la santé et l’énergie. Giorgia Meloni promet une approche fondée sur le partenariat égalitaire plutôt que l’assistanat. Son gouvernement mise sur la coopération pour freiner les flux migratoires vers l’Europe, en créant des opportunités locales dans les pays d’origine.
Inspiré d’Enrico Mattei, ancien président de l’ENI dans les années 1950, connu pour avoir promu une politique pétrolière indépendante et des accords équitables avec les pays producteurs, le plan entend conjuguer intérêts italiens et développement africain.
Des critiques sur la faisabilité
Cependant, plusieurs observateurs et ONG dénoncent un plan jugé trop ambitieux, peu concret et manquant de coordination avec les institutions africaines elles-mêmes. Certains y voient une forme de néo-paternalisme déguisé, voire un écran de fumée pour des intérêts énergétiques. D’autres rappellent que l’Italie ne dispose ni des moyens financiers, ni du réseau diplomatique de ses rivaux européens, comme la France ou l’Allemagne, pour mener à bien une telle entreprise.
Rome, pivot méditerranéen ?
Pour Meloni, le défi est aussi géopolitique. L’Italie veut devenir un hub énergétique entre l’Afrique et l’Europe, en capitalisant sur les projets gaziers avec l’Algérie, la Libye, et prochainement avec l’Égypte et le Mozambique. Ce positionnement stratégique pourrait redonner à Rome un poids nouveau dans les décisions européennes liées à la sécurité énergétique.
Le sommet s’est tenu dans un contexte de concurrence croissante pour l’influence en Afrique, alors que la Chine, la Russie, la Turquie et les pays du Golfe renforcent eux aussi leur présence sur le continent.
La Rédaction

