Téhéran semble jouer un jeu dangereux. Après une attaque massive de missiles iraniens, Israël pourrait répondre “avec force”.
Une nouvelle escalade des hostilités
Pour la première fois en quarante-cinq ans, la République islamique a pris un risque sans précédent. Le 1er octobre, Téhéran a mené une attaque directe contre Israël, la deuxième en six mois. “Jouer avec le feu” est l’expression qui vient à l’esprit. L’Iran a lancé une salve massive de missiles balistiques vers l’État hébreu, estimée à environ 180 par Tsahal et 200 par Téhéran, forçant près de 10 millions de personnes à se réfugier dans des abris. L’armée israélienne a réussi à intercepter un nombre significatif de ces missiles, qualifiant l’attaque de “largement échouée”.
Selon les services d’urgence israéliens, deux personnes ont été légèrement blessées lors de l’attaque. En Cisjordanie, un Palestinien a été tué à Jéricho par des éclats de missile, selon des sources palestiniennes. Des images circulant sur les réseaux sociaux montrent les cratères laissés par les impacts des missiles.
Un impact psychologique majeur
L’impact psychologique sur la population israélienne, déjà éprouvée par une première attaque en avril, est considérable. “Personne en Israël n’aurait pu imaginer que la vie prendrait une telle tournure un an après les attaques du 7 octobre”, souligne Ha’Aretz. À l’approche des célébrations de Roch Hachana, la nouvelle inquiétude face aux missiles iraniens incite de nombreuses familles à reconsidérer leurs déplacements, craignant d’être la cible de nouvelles attaques.
Réactions internationales et escalade militaire
Suite à cette attaque, Israël et les États-Unis ont réagi rapidement. “L’Iran a commis une grave erreur et devra en subir les conséquences”, a averti le Premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou. Ce dernier a souligné que “qui nous attaque, nous l’attaquons”. Les États-Unis, ayant soutenu Israël dans la défense contre les missiles, ont exprimé leur volonté de “coordonner” une réponse. Le président Joe Biden a réitéré le soutien indéfectible de Washington à son allié israélien.
Des responsables arabes ont déclaré au Wall Street Journal qu’Israël avait spécifiquement menacé de cibler les infrastructures nucléaires ou pétrolières iraniennes en cas d’attaque. Pour L’Orient-Le Jour, cette menace ne doit pas être sous-estimée. “Benyamin Nétanyahou pourrait saisir cette opportunité pour frapper ces sites iraniens”, note le journal.
Un jeu à hauts risques
Comme l’indique The New York Times, Israël est désormais en position de répondre fermement aux attaques iraniennes. Après des offensives contre le Hezbollah et une invasion terrestre au Liban, l’État hébreu a considérablement affaibli ce groupe, réduisant ainsi la capacité de l’Iran à dissuader une action israélienne. Danny Citrinowicz, ancien agent des renseignements israéliens, prévoit que toute action israélienne pourrait susciter une réponse iranienne, plaçant les deux pays sur la voie d’une confrontation violente.
L’Orient-Le Jour partage cette analyse : l’objectif de Téhéran dans ses frappes est similaire à celui d’avril : préserver sa crédibilité sur la scène régionale. Toutefois, le contexte actuel est bien différent. La survie du régime iranien et son programme nucléaire pourraient devenir des enjeux centraux du conflit.
Si Israël intensifie sa réponse à l’attaque, quel pourrait être le plan iranien ? L’Iran espère-t-il, par le biais d’une escalade régionale, inciter Israël à négocier ? Mais cela mettrait-il en péril la survie du régime ? Pour la première fois, L’Orient-Le Jour conclut que l’Iran prend le risque de sacrifier son roi, prêt à embraser l’échiquier si nécessaire.
La Rédaction

