VARSOVIE – Les États-Unis ont officiellement lancé mercredi une nouvelle base de défense antimissile dans le nord de la Pologne, en pleine période de tensions liées à l’élection présidentielle américaine et au soutien de Washington à Varsovie. Située dans la ville de Redzikowo, près de la mer Baltique, cette base est le fruit d’un projet datant des années 2000.
Le gouvernement polonais assure que cette installation témoigne de la solidité de l’alliance militaire entre les États-Unis et la Pologne, indépendamment du dirigeant à la Maison Blanche. “Bien que le processus ait pris du temps, cette réalisation démontre la détermination géostratégique des États-Unis”, a déclaré Radoslaw Sikorski, ministre polonais des Affaires étrangères, dans une vidéo diffusée mardi.
La cérémonie d’ouverture de la base, prévue en présence du président polonais Andrzej Duda, s’inscrit dans le cadre du système de défense antimissile de l’OTAN, baptisé “Aegis Ashore”. Ce bouclier antimissile est conçu pour intercepter des projectiles de portée courte à intermédiaire. L’OTAN rappelle que ce dispositif est entièrement défensif.
En plus de la base en Pologne, l’Alliance dispose déjà d’autres éléments clés de son bouclier, tels qu’un site similaire en Roumanie, des destroyers américains stationnés en Espagne et un radar d’alerte précoce en Turquie, à Kurecik. Toutefois, l’ouverture de la base en Pologne a été critiquée par Moscou, qui y voit une tentative de rapprocher les infrastructures militaires américaines des frontières russes. L’OTAN, pour sa part, insiste sur le caractère défensif de ces installations.
Selon des sources militaires de Reuters, le système en Pologne est conçu pour contrer des menaces en provenance du Moyen-Orient. En cas de lancement de missiles depuis la Russie, le radar doit être réorienté, un ajustement stratégique complexe. Le ministre polonais de la Défense, Wladyslaw Kosiniak-Kamysz, a annoncé lundi que la portée du bouclier devrait être élargie, un sujet de discussion à venir avec l’OTAN et les États-Unis.
Le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, doit également rencontrer mercredi le président Duda et le Premier ministre Donald Tusk à Varsovie pour discuter des enjeux liés à la défense collective.
La Rédaction

