Copenhague, 1er juillet 2025 — Pour les six prochains mois, le Danemark présidera le Conseil de l’Union européenne. Une présidence tournante qu’il entend placer sous le signe de la fermeté, notamment en matière d’immigration.
Sous le slogan « Une Europe forte dans un monde en mutation », le gouvernement danois veut imposer sa marque dans un contexte géopolitique fragile. Guerre en Ukraine, crise climatique persistante, pressions économiques mondiales, tensions liées au Groenland… Autant de défis que le pays nordique souhaite aborder avec pragmatisme et fermeté.
Mais c’est surtout sur le dossier migratoire que le Danemark affiche sa volonté d’infléchir la politique européenne. La Première ministre sociale-démocrate Mette Frederiksen, connue pour ses positions fermes sur l’immigration, entend convaincre ses partenaires européens de durcir l’accueil des migrants. Un cap qui pourrait raviver les clivages au sein de l’UE, entre pays favorables à une politique d’asile plus ouverte et ceux partisans d’un contrôle accru.
Un petit pays, une grande ambition
Avec ses 5,9 millions d’habitants, le Danemark ne fait pas figure de géant européen. Mais sa Première ministre assume pleinement son ambition : « Le Danemark prend la présidence du Conseil de l’Union à un moment charnière de l’histoire européenne. C’est une occasion unique pour un petit pays de faire entendre sa voix », a déclaré Mette Frederiksen début juin.
Déjà en pointe sur les dossiers de défense, d’environnement et de numérique, Copenhague souhaite aussi s’imposer comme force d’équilibre dans une Union fragilisée par les divisions internes et les crises extérieures.
Un test pour l’unité européenne
Si les propositions danoises sur l’immigration parviennent à rallier un consensus, elles pourraient durablement transformer les politiques européennes. Dans le cas contraire, cette présidence pourrait cristalliser de nouveaux blocages. Car en arrière-plan se joue aussi la question de l’identité européenne et du degré de solidarité entre États membres.
À Bruxelles, Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a salué la volonté danoise de jouer un rôle moteur. Mais elle sait que l’équilibre entre sécurité, valeurs et droits fondamentaux reste fragile.
La Rédaction

