Le gouvernement argentin a officiellement confirmé, mardi, son retrait de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), mettant un terme à un processus engagé un an plus tôt. Cette décision marque un tournant dans la politique sanitaire internationale de Buenos Aires et s’inscrit dans une ligne souverainiste assumée par le président Javier Milei.
Une décision politique assumée
Annoncé dès 2025, le retrait a été mené à son terme conformément aux procédures prévues par les traités internationaux. Le ministre des Affaires étrangères, Pablo Quirno, a confirmé que cette sortie s’inscrit dans une volonté de redéfinir les partenariats en matière de santé publique, en privilégiant des coopérations bilatérales et régionales.
Cette décision rapproche l’Argentine de la position adoptée par les États-Unis sous Donald Trump, dont le gouvernement avait lui aussi quitté l’organisation avant d’y revenir par la suite. Buenos Aires assume ainsi un alignement politique partiel avec Washington sur les critiques adressées à l’OMS.
Des critiques persistantes contre l’OMS
Au cœur de la rupture, la gestion de la pandémie de Covid-19 reste un point de friction majeur. Les autorités argentines reprochent à l’organisation internationale d’avoir formulé des recommandations jugées inefficaces et influencées par des considérations politiques plutôt que strictement scientifiques.
Cette remise en cause traduit une défiance plus large envers les institutions multilatérales, accusées par certains gouvernements de ne pas répondre de manière adéquate aux crises globales.
Vers une nouvelle stratégie sanitaire
Malgré ce retrait, l’Argentine affirme vouloir maintenir une coopération internationale en matière de santé. Le gouvernement entend désormais privilégier des accords directs avec d’autres États et renforcer sa participation à des cadres régionaux, tout en conservant une autonomie décisionnelle accrue.
Cette orientation pourrait toutefois soulever des interrogations quant à la capacité du pays à accéder rapidement à certaines ressources, expertises ou mécanismes de coordination internationale en cas de crise sanitaire majeure.
Un signal politique fort
Au-delà des enjeux sanitaires, cette décision envoie un message politique clair : l’Argentine entend reprendre le contrôle de ses politiques publiques face aux institutions internationales. Dans un contexte mondial marqué par la montée des souverainismes, ce retrait illustre les tensions croissantes entre gouvernance globale et stratégies nationales.
La Rédaction

