Alors que les épisodes de fortes pluies accentuent la vulnérabilité de plusieurs zones urbaines, le Togo durcit son approche de prévention des catastrophes. Au-delà des opérations d’assainissement et des infrastructures hydrauliques, le gouvernement remet au centre du débat la maîtrise de l’occupation des sols, en rappelant l’interdiction de construire dans les zones exposées aux risques naturels.
Les inondations ne sont plus seulement perçues comme une conséquence des intempéries. Elles révèlent aussi les fragilités d’un modèle d’urbanisation longtemps confronté à l’occupation progressive d’espaces naturellement vulnérables. Au Togo, face à la multiplication des épisodes pluvieux intenses, les autorités entendent désormais renforcer la prévention en agissant sur l’une des principales sources d’exposition : l’installation des populations et des infrastructures dans des zones à risque.
Dans un communiqué publié le 14 juillet, le gouvernement a rappelé les règles encadrant l’aménagement du territoire, notamment l’interdiction formelle de construire dans les zones inondables, les anciennes carrières ou tout autre espace identifié comme impropre à l’habitat.
Pour le ministre de l’Aménagement et du Développement des territoires, Kodjo Adedze, les occupants de ces secteurs doivent prendre les dispositions nécessaires pour les libérer. Une position qui traduit une volonté de réduire durablement la vulnérabilité des populations plutôt que d’intervenir uniquement après les catastrophes.
De la gestion des urgences à la prévention des risques
Pendant longtemps, la réponse aux inondations s’est concentrée sur les conséquences visibles : évacuation des eaux, réparation des dégâts, assistance aux sinistrés. La nouvelle orientation gouvernementale cherche à agir plus en amont, en encadrant davantage l’expansion urbaine.
Le permis de construire devient ainsi un outil central de cette stratégie. Toute nouvelle construction doit être précédée d’une autorisation administrative destinée à vérifier sa conformité aux règles d’urbanisme et aux exigences de sécurité.
Les constructions réalisées sans permis ou en dehors des normes établies exposent leurs propriétaires à plusieurs sanctions, allant de l’arrêt des travaux jusqu’à la démolition des ouvrages irréguliers aux frais des contrevenants, en passant par des amendes prévues par la réglementation.
L’urbanisation face au défi climatique
Cette remise en ordre intervient dans un contexte où les villes togolaises doivent composer avec une double pression : une croissance urbaine rapide et une évolution des phénomènes climatiques.
L’augmentation des surfaces imperméabilisées, la réduction des espaces naturels capables d’absorber les eaux de pluie et l’occupation progressive des zones basses renforcent mécaniquement les risques d’inondation.
Pour répondre à ces défis, plusieurs projets ont été engagés ces dernières années, notamment la construction de bassins de rétention, l’amélioration des réseaux d’assainissement et les travaux destinés à faciliter l’écoulement des eaux pluviales.
Le défi de l’application sur le terrain
La réussite de cette politique dépendra toutefois de la capacité des autorités à faire respecter durablement les règles existantes. La maîtrise foncière, le contrôle des constructions et la sensibilisation des populations apparaissent comme les conditions essentielles pour éviter que les zones dangereuses ne redeviennent progressivement des espaces d’habitation.
Au-delà du rappel réglementaire, le message du gouvernement pose donc une question plus large : celle du modèle urbain que le Togo souhaite construire face aux effets du changement climatique. Entre expansion démographique et nécessité de protéger les populations, l’enjeu n’est plus seulement de construire davantage, mais de construire mieux.
La Rédaction

