Un frémissement, enfin. À Port-au-Prince, longtemps livrée à l’emprise des groupes armés, les autorités haïtiennes affirment observer un recul progressif des gangs. Devant Nations Unies, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a évoqué une amélioration de la situation sécuritaire, portée par une intensification des opérations conjointes.
Une reprise progressive du terrain
Selon les données communiquées par la police nationale, environ 72 % de la capitale seraient désormais sous contrôle des forces de sécurité. Une évolution notable, alors qu’une grande partie de la ville était encore dominée par les gangs jusqu’à la mi-2025.
Sur le terrain, plusieurs quartiers stratégiques ont été progressivement repris, permettant un retour partiel des activités économiques et sociales. “La vie reprend lentement mais sûrement”, a assuré le chef du gouvernement, soulignant que la sécurité constitue la condition préalable à toute perspective de développement.
Un dispositif sécuritaire renforcé
Cette amélioration s’inscrit dans un changement de dispositif. Une nouvelle force de répression des gangs, appuyée par l’ONU, a été déployée pour succéder à une mission antérieure jugée insuffisamment dotée, notamment celle conduite avec le soutien de la police kényane.
Les autorités mettent en avant une meilleure coordination entre les forces armées haïtiennes, la police nationale et les appuis internationaux, permettant des opérations plus ciblées et une reconquête territoriale plus efficace.
Une violence encore massive
Malgré ces avancées, le bilan humain reste lourd. D’après le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, les violences liées aux gangs ont fait au moins 5 519 morts et 2 608 blessés entre mars 2025 et janvier 2026.
Ces chiffres rappellent que la crise sécuritaire haïtienne demeure profonde et structurelle, nourrie par des années de fragilité institutionnelle et de fragmentation du territoire urbain.
Un équilibre encore précaire
Si les autorités affichent un optimisme prudent, la stabilisation reste fragile. La capacité de l’État à maintenir durablement le contrôle des zones reconquises, à désarmer les groupes armés et à restaurer des services publics essentiels constituera le véritable test des mois à venir.
À Port-au-Prince, le reflux des gangs marque peut-être un tournant. Mais dans un pays où la violence s’est durablement enracinée, la reconquête sécuritaire ne saurait, à elle seule, garantir un retour à la stabilité.
La Rédaction

