Un incident frontalier a récemment ravivé les tensions entre la Guinée et la Sierra Leone, après qu’une unité de soldats sierra-léonais ait franchi la ligne frontalière et pénétré sur le territoire guinéen sans autorisation, selon un communiqué officiel de l’état-major général des armées guinéennes.
D’après Conakry, “quelques dizaines” de militaires sierra-léonais armés ont avancé dimanche dernier dans le district de Koudaya, relevant de la sous-préfecture de Sandénia dans la préfecture de Faranah, à environ 1,4 km à l’intérieur du territoire guinéen. Sur place, ces soldats auraient installé une tente et hissé leur drapeau national, un geste interprété comme une violation de l’intégrité territoriale par les autorités guinéennes.
Alertées immédiatement, les Forces armées guinéennes ont déployé des unités qui ont constaté la présence des militaires étrangers. Elles ont procédé à l’interpellation de seize d’entre eux, tout en saisissant leurs matériels et équipements, avant de les remettre à la police judiciaire pour les besoins d’une enquête approfondie, précise l’état-major.
Le général Ibrahima Sory Bangoura, chef d’état-major général des armées guinéennes, a salué la « réactivité et le sens du devoir » des troupes engagées, et appelé à une vigilance renforcée pour la protection de l’intégrité territoriale nationale.
Cependant, Freetown conteste cette version des faits. Le gouvernement sierra-léonais affirmait auparavant que ce sont au contraire des éléments des forces armées guinéennes qui seraient entrés sur le territoire sierra-léonais dans la localité de Kalieyereh, dans le district de Falaba, provoquant l’arrestation de ses agents et la saisie de leurs armes.
Ce différend n’est pas isolé : il s’inscrit dans un contexte de frontières historiquement mal définies et de frictions récurrentes entre les deux États voisins. Les autorités des deux pays ont engagé des démarches diplomatiques pour clarifier les circonstances de l’incident et éviter une escalade, alors que la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) pourrait être sollicitée pour arbitrer le conflit si les efforts bilatéraux n’aboutissent pas.
La Rédaction

