L’Organisation internationale pour les migrations (OIM), dont le siège est à Genève, traverse une période difficile. Face à une réduction significative de ses financements, notamment en raison du retrait d’une partie de l’aide américaine, l’agence se voit contrainte de supprimer au moins 20 % de ses effectifs, soit environ 200 emplois.
Une série de coupes budgétaires qui inquiète
Cette nouvelle vague de licenciements intervient alors que l’OIM avait déjà supprimé près de 3 000 postes liés à son programme de réinstallation des réfugiés aux États-Unis. L’arrêt brutal de ce programme, décidé par l’administration du président Donald Trump, a fortement fragilisé l’organisation. Aujourd’hui, la tension est palpable au sein du personnel.
Un employé, sous couvert d’anonymat, évoque une “atmosphère pesante”, décrivant des scènes où certains collègues, convoqués pour un entretien de licenciement de quelques minutes, ressortaient en larmes.
Une restructuration justifiée par “l’efficacité opérationnelle”
L’OIM n’a pas confirmé officiellement l’ampleur des licenciements. Toutefois, un porte-parole de l’organisation a admis que des “ajustements nécessaires” étaient en cours afin d’adapter l’agence à un budget plus restreint. Il a insisté sur la volonté de préserver les missions essentielles de l’OIM tout en cherchant des gains d’efficacité.
Selon d’anciens employés, certains départements entiers auraient été supprimés, les contrats à durée déterminée ne seraient pas renouvelés en juin, et les postes juniors seraient les plus exposés aux suppressions.
Des employés en colère
L’OIM, qui intervient auprès de plus de 280 millions de migrants à travers le monde, dépend en grande partie des financements volontaires de ses donateurs. Avec le désengagement des États-Unis, qui représentaient plus de 40 % de son budget annuel, l’agence se retrouve dans une situation précaire.
La directrice générale de l’OIM, Amy Pope, a reconnu la difficulté de ces décisions : “Nous devons faire des choix douloureux, car nous ne pouvons pas maintenir des postes sans financements suffisants”, a-t-elle expliqué récemment.
Cette déclaration n’a pas suffi à apaiser la frustration des employés. Une vidéo circulant en interne, montrant Amy Pope en train de danser avec des équipes au Guatemala pendant que les licenciements sont annoncés, a suscité une vague de colère au sein de l’organisation. “Elle danse pendant que nous perdons nos emplois !”, s’indigne un employé.
L’avenir de l’OIM reste incertain, et ces suppressions de postes pourraient n’être qu’un premier signal des défis financiers à venir pour l’agence.
La Rédaction

