Après deux journées particulièrement denses à Paris, Léon XIV a rejoint Lourdes, deuxième grande étape de son voyage apostolique en France. De l’UNESCO à Notre-Dame, du Stade de France à la Maison Bakhita, jusqu’à la messe célébrée devant une foule immense place de la Concorde, le Pape a multiplié les rencontres sans disperser son message : préserver l’humain face aux mutations du monde, accueillir plutôt qu’exclure et répondre au découragement par l’espérance.
Arrivé en France pour un voyage de quatre jours, du 25 au 28 septembre, Léon XIV a consacré ses deux premières journées à Paris et Saint-Denis avant de gagner Lourdes. La séquence parisienne l’a conduit des institutions politiques et internationales aux communautés catholiques, en passant par les jeunes, les migrants et les nouveaux baptisés.
Derrière la diversité des lieux et des publics, une même interrogation a traversé ses interventions : comment préserver la dignité humaine et reconstruire des liens dans des sociétés confrontées aux guerres, aux fractures sociales, aux bouleversements technologiques et à une forme de découragement spirituel ?
De l’UNESCO à Notre-Dame, préserver l’humain
À l’UNESCO, Léon XIV a placé l’éducation, la science et la culture au service d’une paix qui ne peut, selon lui, être construite par les seuls traités. L’intelligence artificielle a naturellement trouvé sa place dans cette réflexion. Face à des technologies capables de transformer profondément les sociétés, le Pape a mis en garde contre le risque de déshumanisation lorsque l’innovation cesse d’être ordonnée à la dignité de la personne.
Quelques heures plus tard, Notre-Dame lui a permis de transposer cette question de l’avenir à l’Église elle-même. Prenant appui sur la cathédrale restaurée après l’incendie de 2019, Léon XIV a appelé les catholiques français à ne pas simplement conserver un héritage, mais à le faire vivre. Il leur a demandé d’être une Église « vivante, multiforme et proche », capable d’accueillir celui qui est éloigné comme l’étranger et de ne pas fuir la complexité du monde contemporain.
Le Pape a également insisté sur l’unité, notamment face aux sensibilités qui traversent le catholicisme français. La communion ecclésiale doit, selon lui, passer avant les préférences personnelles afin que l’Église puisse elle-même témoigner qu’une société réconciliée reste possible.
Des jeunes aux migrants, une Église appelée à faire de la place
Cette ouverture a trouvé une traduction concrète au Stade de France, où 80 000 jeunes ont participé à une veillée avec le Pape. Léon XIV les a encouragés à ne pas avoir peur de leur vocation et à envisager leur avenir non dans la résignation, mais dans la confiance.
Le lendemain, la Maison Bakhita, centre parisien d’accompagnement et d’intégration sociale, a déplacé le regard vers les migrants et les réfugiés. Le choix de commencer sa deuxième journée auprès d’eux n’était pas anodin. Léon XIV y a défendu une société capable de « se rencontrer et de vivre ensemble dans la dignité et la paix », opposant cette culture de l’accueil aux mécanismes qui fragmentent les communautés et accentuent la solitude.
La rencontre avec les catéchumènes et les nouveaux baptisés à l’Institut catholique de Paris a montré une autre facette du catholicisme français. Dans un pays profondément marqué par la sécularisation, le Pape s’est arrêté sur la progression des baptêmes d’adultes et y a vu une promesse de fécondité pour l’Église.
À la Concorde, répondre au découragement
La grande messe célébrée place de la Concorde a constitué le point culminant de la séquence parisienne. Devant des centaines de milliers de fidèles, Léon XIV a directement abordé le découragement et la « sécheresse spirituelle » qui peuvent traverser les sociétés contemporaines.
Sa réponse tient dans une exhortation : « apporter l’espérance là où règnent le découragement et la sécheresse spirituelle ». L’espérance dont parle le Pape n’est donc pas conçue comme un refuge face aux difficultés du temps. Elle doit devenir une force capable de rejoindre ceux qui doutent, souffrent ou ne trouvent plus de sens à leur existence.
Cette insistance permet de relier les différents visages de son passage à Paris. Qu’il s’adresse aux responsables internationaux, au clergé, aux jeunes, aux migrants ou aux nouveaux chrétiens, Léon XIV revient à une même exigence : ne pas laisser les transformations contemporaines produire davantage d’isolement, de peur ou de résignation.
À Lourdes, la France confiée à Marie
La séquence parisienne achevée, le voyage a changé de décor. Léon XIV a quitté la capitale pour Lourdes, où il s’est rendu dès son arrivée à la grotte de Massabielle. Devant des milliers de fidèles, il a confié à la Vierge les malades, les personnes qui souffrent et le pays qui l’accueille, demandant notamment pour la France « le don de la concorde fraternelle ».
Cette prière ouvre une nouvelle étape du voyage. Léon XIV doit rencontrer ce dimanche les évêques de France, célébrer la messe au sanctuaire, se rendre auprès des malades et participer dans la soirée au Rosaire et à la procession aux flambeaux. Lundi, il rejoindra Metz pour une dernière journée consacrée notamment au dialogue interreligieux, à l’Europe, à la paix et à l’unité, avant son retour à Rome.
De Paris à Lourdes, les deux premières journées permettent déjà de discerner la ligne de ce voyage : face à une société transformée par la technologie, la mobilité, les fractures et la perte de repères, Léon XIV appelle moins au repli qu’à la rencontre. À l’Église de France comme aux institutions internationales, il propose la même boussole : remettre la personne au centre et faire de l’espérance une force capable d’agir sur le présent.
La Rédaction
Sources : Saint-Siège ; Vatican News ; Euronews

