Face à l’effritement continu du patrimoine forestier national, l’agence onusienne intensifie son appui aux chantiers de reboisement et de réhabilitation des terres dégradées, en ciblant prioritairement la vulnérabilité écologique de la zone des Plateaux Ouest.
LOMÉ – La dynamique de préservation des écosystèmes forestiers togolais s’accélère. L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) vient d’acter la mobilisation d’une enveloppe de près de 500 millions de francs CFA. Ce financement est destiné à catalyser les initiatives de restauration des paysages, avec un ancrage fort dans la région des Plateaux Ouest, un territoire soumis à une forte pression anthropique et environnementale.
Cette bouffée d’oxygène financière intervient dans une conjoncture critique pour le couvert forestier du pays. Les indicateurs de la FAO révèlent une érosion silencieuse : entre 2001 et 2025, le Togo a vu s’évanouir plus de 130 000 hectares de sa couverture végétale, soit un repli net de 5,9 %. Une régression structurelle dictée par la poussée du front agricole, la transition urbaine et le déploiement des infrastructures lourdes.
À cette déforestation s’ajoute le fléau récurrent des feux de brousse. Depuis le début de l’année 2026, la surveillance satellitaire a déjà intercepté 772 alertes incendie à l’échelle nationale. Un chiffre alarmant qui met en exergue la fragilité de ces sanctuaires naturels face à l’imbrication des chocs climatiques et des pratiques humaines non maîtrisées.
Plus préoccupant encore, la FAO tire la sonnette d’alarme sur l’état des forêts primaires, véritables poumons de la biodiversité locale. Depuis 2002, environ 330 hectares de ces massifs séculaires ont été rayés de la carte, scellant une perte tragique de 20 %. Loin d’être un simple indicateur écologique, ce déclin fragilise directement l’économie rurale, altérant la sécurité alimentaire, les revenus et la sécurité hydrique des communautés.
Pour Lomé, l’inversion de cette courbe est désormais érigée en priorité souveraine. Dans sa feuille de route pour la résilience climatique et le développement durable, l’exécutif togolais s’est engagé à réhabiliter 1,4 million d’hectares de terres dégradées à l’horizon 2030. Un pari ambitieux où chaque hectare restauré compte pour la biodiversité.
Dans cette optique, l’appui financier de la FAO agira comme un levier opérationnel. Il s’agira d’intensifier les campagnes de reboisement, de promouvoir des modes de gestion durable des ressources et, surtout, d’autonomiser les communautés locales, positionnées en première ligne de cette guerre de position pour la sauvegarde des paysages forestiers.
La Rédaction

