En 2024, le monde a vu un nombre tragique de plus de 380 millions de chrétiens persécutés ou discriminés en raison de leur foi, un chiffre en constante augmentation. L’Index mondial 2025 de l’ONG Portes ouvertes révèle une intensification de cette violence religieuse dans 78 pays, un phénomène qui dépasse largement les frontières des zones de conflit et touche des communautés parfois invisibles aux yeux du monde.
Un fléau global en pleine expansion
Ce qui aurait pu sembler un problème isolé en 2016, où 215 millions de chrétiens étaient victimes de persécution, est devenu une crise mondiale qui frappe des régions aussi diverses que l’Afrique, l’Asie et l’Europe. Si la Corée du Nord reste le pays où la persécution est la plus systématique et extrême, d’autres pays, comme la Somalie, le Yémen et la Libye, ont vu la situation se détériorer de manière dramatique.
Mais ce n’est pas seulement le nombre de victimes qui inquiète. C’est aussi la nature de la violence, qui s’intensifie et se diversifie. De l’attaque d’églises aux meurtres, en passant par les enlèvements et les violences sexuelles, les chrétiens sont attaqués dans leur foi, leurs familles et leur liberté. L’oppression va de la discrète exclusion sociale dans des pays comme l’Inde, jusqu’à des exécutions publiques en Corée du Nord, où pratiquer le christianisme est une trahison envers le régime.
La montée des tensions : entre régimes autoritaires et jihadisme
L’un des moteurs de cette flambée de violence est l’expansion du jihadisme en Afrique. Au Nigeria, au Cameroun, et dans le Sahel, des groupes terroristes comme Boko Haram et ISWAP (Daesh) multiplient les attaques contre des villages chrétiens, tuant, enlevant et réduisant les femmes à l’esclavage sexuel. Le Sahel, avec ses régimes fragiles et ses insurgés islamistes, est devenu l’un des points chauds de la persécution chrétienne.
Mais ce phénomène ne se limite pas à l’Afrique. En Corée du Nord, où la doctrine de Kim Il-sung rend toute forme de religion un acte de rébellion, les chrétiens sont emprisonnés, torturés et exécutés. Un régime impitoyable où la foi chrétienne est jugée incompatible avec l’idéologie d’État, transformant la vie des croyants en un véritable cauchemar.
Une humanité défigurée
Derrière les chiffres se cachent des vies brisées, des destins écrasés. En 2024, les meurtres de chrétiens ont légèrement diminué, passant de 4 998 à 4 476, mais la souffrance reste omniprésente. Le nombre de chrétiens emprisonnés pour leur foi a augmenté, et les attaques contre les lieux de culte ont atteint 7 679 incidents. Ces données, bien qu’alarmantes, ne couvrent pas toutes les persécutions. Beaucoup de violences ne sont même pas signalées, par peur des représailles ou en raison de la stigmatisation des victimes, notamment les abus sexuels.
L’urgence de l’action
L’ONG Portes ouvertes, qui fête ses 70 ans, rappelle avec force que la persécution des chrétiens est loin d’être une question résolue. Ces 380 millions de croyants persécutés sont non seulement victimes d’un manque de liberté religieuse, mais aussi de l’indifférence du monde. Chaque jour, ces hommes et ces femmes vivent sous la menace d’une violence incessante, dans une solitude frappante.
L’appel à l’action est clair. La communauté internationale doit non seulement dénoncer ces abus mais aussi soutenir activement ces minorités religieuses persécutées. Ce ne sont pas seulement des statistiques que nous devons regarder, mais des êtres humains, des familles, des communautés qui sont privées de leur liberté de croire, d’aimer et de vivre en paix.
Alors que les persécutions chrétiennes continuent de grimper, il est crucial de rappeler que derrière chaque chiffre se cache une vie humaine, une foi inébranlable, et une lutte pour la dignité. C’est un combat qui nous concerne tous, et il est grand temps que le monde l’entende.
La Rédaction

