Un séminaire stratégique des Directeurs des Affaires Financières marque une étape clé vers une exécution budgétaire plus prévisible et numérisée
La réforme budgétaire ne se joue plus uniquement dans les arbitrages politiques annuels. Elle se construit désormais dans l’architecture technique des systèmes d’exécution. À Lomé, les Directeurs des Affaires Financières (DAF) des ministères et institutions se réunissent autour d’un objectif central : transformer la gestion budgétaire en un mécanisme plus cohérent, anticipable et technologiquement sécurisé.
Au cœur des échanges, un enjeu fondamental : mettre fin aux décalages entre planification, autorisation et décaissement des dépenses publiques.
Rationaliser la chaîne de dépense
Dans de nombreuses administrations, les outils de gestion coexistent sans toujours dialoguer efficacement. Plan de trésorerie, autorisations de dépenses, programmation des marchés publics : ces instruments déterminent le rythme réel de l’action publique. Leur désynchronisation peut générer retards, tensions de trésorerie ou sous-exécution budgétaire.
Le séminaire organisé dans le cadre du projet conjoint Union européenne–FMI d’appui à la gestion des finances publiques vise précisément à renforcer la cohérence entre ces mécanismes. L’ambition est claire : intégrer ces outils dans le système d’information budgétaire afin d’automatiser les processus, limiter les interventions manuelles et réduire les risques opérationnels.
Selon Ephrem Ghonda Makiadi, conseiller résident en gestion des finances publiques, l’harmonisation de ces instruments conditionne la capacité de l’État à atteindre ses objectifs infra-annuels et annuels. Autrement dit, la performance budgétaire dépend d’abord de la qualité du pilotage technique.
Numérisation et standards internationaux
La rencontre s’inscrit dans un contexte plus large de modernisation des finances publiques togolaises. L’évaluation PEFA 2023, financée par l’Union européenne, a souligné l’importance de la prévisibilité et de la transparence dans la chaîne de dépense.
Anne Joseph, cheffe du projet UE-FMI, a rappelé que la robustesse budgétaire repose sur la capacité de l’administration à anticiper ses flux financiers et à sécuriser ses procédures. Le chantier engagé doit aboutir à un cahier des charges fonctionnel en vue d’une informatisation renforcée, ainsi qu’à des recommandations techniques pour l’arrimage au système existant.
Discipline budgétaire et crédibilité économique
Au-delà de la dimension administrative, l’enjeu est macroéconomique. Une exécution budgétaire maîtrisée améliore la crédibilité de l’État vis-à-vis des partenaires techniques et financiers, réduit les risques d’arriérés et renforce la confiance des investisseurs.
Représentant le ministre des Finances et du Budget, le secrétaire général Stéphane Kpowbie Akaya a réaffirmé la volonté gouvernementale d’approfondir la transparence, la reddition de comptes et l’efficacité de l’allocation des ressources.
La réforme engagée à Lomé illustre ainsi un glissement stratégique : passer d’une logique de simple contrôle budgétaire à une logique de pilotage intégré, où la discipline financière devient un instrument d’efficacité publique.
La Rédaction

