Le Togo veut accélérer sa transformation énergétique en mobilisant trois milliards de dollars d’investissements, soit environ 1 700 milliards de FCFA. Présenté le 19 octobre, le Pacte national énergie fixe une trajectoire ambitieuse : généraliser l’accès à l’électricité, porter la part des renouvelables à plus de 50 % et étendre les solutions de cuisson propre. Mais derrière ces objectifs, une question domine : comment financer cette transition tout en garantissant une énergie accessible aux ménages et aux entreprises ?
L’électrification ne se résume pas au raccordement des habitations. Elle conditionne également le développement industriel, la conservation des produits agricoles, le fonctionnement des structures sanitaires et l’émergence de nouvelles activités économiques.
C’est cette dimension que le gouvernement entend renforcer à travers son Pacte national énergie, dont les priorités opérationnelles ont été présentées lundi par le ministère délégué chargé de l’Énergie et des Ressources minières.
Le secteur privé attendu au premier plan
Sur les trois milliards de dollars recherchés, 1,68 milliard, soit 56 % de l’enveloppe totale, devrait provenir d’investisseurs privés.
Cette répartition traduit la volonté de mobiliser des capitaux au-delà des seules ressources publiques et des financements concessionnels. Elle suppose cependant des projets suffisamment structurés, un cadre réglementaire prévisible et des conditions économiques permettant aux opérateurs d’investir durablement.
Les montants annoncés constituent des besoins de financement à couvrir, et non des ressources déjà intégralement obtenues.
Renouvelables et cuisson propre : deux priorités
Le Pacte prévoit de porter la part des énergies renouvelables à plus de 50 % du mix énergétique. Le développement des installations solaires, notamment décentralisées, figure parmi les principaux leviers envisagés.
Ces solutions peuvent contribuer à desservir des localités où l’extension du réseau conventionnel reste coûteuse, tout en diversifiant les sources d’approvisionnement.
Autre objectif : atteindre 80 % de couverture en solutions de cuisson propre. Cette orientation répond à des enjeux sanitaires et environnementaux, en réduisant la dépendance aux combustibles et équipements de cuisson fortement polluants.
L’accès universel, au-delà des infrastructures
Élaboré dans le cadre de la Mission 300, initiative soutenue par la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, le Pacte vise l’accès universel à l’électricité d’ici 2030.
Sa mise en œuvre repose également sur l’intégration énergétique régionale, l’amélioration des performances des opérateurs et le renforcement des infrastructures.
Reste une dimension essentielle : l’accès effectif des populations à une électricité fiable et financièrement supportable. Une connexion au réseau ne suffit pas si les ménages ne peuvent assumer le coût de leur consommation ou si les interruptions perturbent les activités économiques.
À quatre ans de l’échéance, le défi du Togo sera donc autant financier que social : transformer les investissements annoncés en services énergétiques durables, accessibles et capables de soutenir la croissance.
La Rédaction

