Déjà connu pour sa centrale hydroélectrique, Nangbéto pourrait devenir l’un des principaux sites de production d’énergie renouvelable du Togo. Le gouvernement y prévoit une centrale solaire de 70 à 110 MW, sur une superficie de 203 hectares. Au-delà de cette nouvelle infrastructure, le projet traduit une ambition plus large : diversifier les sources d’électricité et renforcer progressivement la capacité nationale de production.
Situé à environ 200 kilomètres au nord-est de Lomé, Nangbéto occupe une place particulière dans le paysage énergétique togolais. Depuis 1987, le site abrite une centrale hydroélectrique exploitée par la Communauté électrique du Bénin (CEB), au service des deux pays.
L’implantation annoncée d’une installation photovoltaïque ouvrirait une nouvelle étape. Le site pourrait accueillir deux formes de production renouvelable, l’une dépendante des ressources hydrauliques, l’autre de l’ensoleillement.
Cette complémentarité présente un intérêt stratégique, même si elle ne garantit pas, à elle seule, une meilleure stabilité de l’approvisionnement.
Associer le solaire à l’hydroélectricité
L’énergie solaire et l’hydroélectricité présentent des caractéristiques différentes. La première produit principalement pendant les heures d’ensoleillement, tandis que la seconde dépend notamment de la disponibilité de l’eau et des conditions d’exploitation des installations.
Leur association peut permettre une gestion plus souple de la production électrique. Dans certaines configurations, l’électricité solaire contribue à limiter les sollicitations des équipements hydroélectriques pendant la journée, préservant ainsi des possibilités de production pour d’autres périodes.
Mais cette complémentarité exige des infrastructures adaptées, une coordination technique et des capacités suffisantes d’évacuation de l’électricité.
À ce stade, aucune information ne permet d’affirmer que la future centrale de Nangbéto sera directement intégrée à un dispositif hybride avec les installations hydroélectriques existantes.
Une première étape vers 400 MWc supplémentaires
Le projet s’inscrit dans le Pacte national pour l’énergie, qui prévoit la structuration d’un programme de centrales solaires totalisant 400 MWc.
L’initiative bénéficie de l’appui technique de RELP, une organisation spécialisée dans l’accompagnement des pays en développement pour l’acquisition d’énergie propre et de solutions de stockage par batteries.
Nangbéto doit constituer la première phase de ce programme. La puissance définitive, située pour l’instant dans une fourchette de 70 à 110 MW, reste à préciser.
Le Togo dispose déjà d’une expérience importante dans le solaire avec la centrale de Blitta, inaugurée en 2021 avec une capacité initiale de 50 MW. De nouvelles extensions y ont été annoncées, confirmant la volonté de développer progressivement cette filière.
L’enjeu n’est toutefois pas seulement d’additionner les mégawatts. Il consiste à disposer d’une électricité effectivement disponible, transportable et financièrement soutenable pour les consommateurs.
Le financement et le réseau, deux questions décisives
Plusieurs paramètres restent à clarifier concernant Nangbéto, notamment le calendrier de construction, le coût de l’investissement et le modèle de financement. Il n’est pas encore établi si le projet reposera sur un partenariat public-privé ou sur une autre formule.
La capacité du réseau à accueillir cette production supplémentaire constituera également un facteur déterminant. Une centrale solaire ne contribue pleinement à l’approvisionnement national que si l’électricité produite peut être acheminée vers les zones de consommation.
La superficie annoncée de 203 hectares soulève par ailleurs la nécessité d’une gestion attentive de l’occupation des terres et des éventuels impacts environnementaux.
Avec Nangbéto, le Togo cherche ainsi à franchir une nouvelle étape dans la diversification de son système électrique. Le véritable enjeu sera de transformer cette capacité solaire annoncée en une production fiable, intégrée au réseau et capable de réduire durablement la dépendance énergétique du pays.
La Rédaction
Sources : ministère chargé de l’Énergie du Togo ; Communauté électrique du Bénin (CEB) ; RELP.

