Istanbul, 16 mai 2025 – La première rencontre en trois ans entre les délégations ukrainienne et russe s’est soldée par un constat d’échec. Réunis ce vendredi à Istanbul sous médiation turque, les deux camps espéraient relancer le dialogue diplomatique après des mois de combats acharnés. Mais la réunion a tourné court, Kiev dénonçant des exigences « inacceptables » de Moscou, qui conditionnait tout cessez-le-feu à des cessions territoriales.
Une reprise du dialogue… avortée
Présentée comme une tentative de « redonner une chance à la paix », cette réunion trilatérale a été écourtée au bout de moins de deux heures. La délégation ukrainienne, menée par le ministre des Affaires étrangères Dmytro Kuleba, a quitté la table en dénonçant un ultimatum russe sur les territoires annexés.
Selon des sources proches du dossier, Moscou exigeait le retrait ukrainien total du Donbass, de Zaporijjia et de Kherson, en échange d’un cessez-le-feu immédiat. « C’est une négociation qui commence par un pistolet sur la tempe », a déclaré un conseiller de la présidence ukrainienne. Le président Volodymyr Zelensky, en déplacement en Albanie, a estimé que « refuser un cessez-le-feu inconditionnel prouve que Poutine ne croit pas à la diplomatie ».
Échange de prisonniers : une rare avancée
Malgré l’échec politique, un accord a tout de même été obtenu : un échange massif de prisonniers de guerre, impliquant 1 000 détenus de chaque côté. Il s’agit du plus important échange depuis le début de l’invasion russe en février 2022.
Les familles des prisonniers ont salué cette avancée humanitaire, qui « sauve ce sommet de l’humiliation totale », selon les mots d’un observateur turc.
Un isolement diplomatique croissant de Moscou
Face à ces nouvelles exigences de Moscou, les condamnations internationales se multiplient. Emmanuel Macron a appelé à une réponse européenne « forte et unie », accusant la Russie de saboter les efforts de paix. Quant au président américain Donald Trump, il a déclaré qu’une « vraie solution passera par un dialogue direct entre grandes puissances », glissant que seule une rencontre avec Vladimir Poutine pourrait « dénouer la crise ».
L’espoir d’un sursaut diplomatique
La Turquie, hôte des pourparlers, se dit prête à accueillir une nouvelle session dès que les deux parties le souhaiteront. Mais pour l’heure, aucun calendrier n’est fixé. « Les canaux restent ouverts », a commenté un diplomate turc, « mais la confiance est au plus bas ».
Malgré l’échec d’aujourd’hui, le simple fait que Russes et Ukrainiens se soient à nouveau parlés, en face-à-face, pourrait préparer le terrain pour une relance plus sérieuse. Mais il faudra, d’un côté comme de l’autre, abandonner les illusions de victoire totale.
La Rédaction

