Le président américain, Donald Trump, a signé un décret le 20 mars 2025, visant à fermer progressivement le département fédéral de l’Éducation. Bien que ce département ait un rôle limité dans le système éducatif américain, sa suppression pourrait avoir des conséquences notables sur l’éducation des jeunes Américains. Cette décision s’inscrit dans une politique plus large visant à réduire les dépenses publiques et à contrer les idéologies progressistes.
Un engagement de longue date
Cette annonce ne constitue pas une surprise. Elle découle directement du programme électoral de Trump, en particulier du projet Project 2025, qu’il a mis en avant lors de sa campagne. Le décret prévoit la suppression progressive de ce département, mais sa fermeture complète nécessiterait l’approbation du Congrès, où la majorité républicaine au Sénat est insuffisante. En attendant, l’administration met en œuvre des mesures pour réduire l’efficacité de l’agence, comme l’explique Laurie Béreau, spécialiste des politiques éducatives aux États-Unis.
Un rôle modeste, mais essentiel
Le système éducatif américain est largement décentralisé, et l’État fédéral ne représente qu’environ 10 % du financement total des établissements scolaires. Les États fédérés sont responsables de l’organisation, du programme scolaire et des critères d’âge de la scolarisation. Cependant, le département de l’Éducation a un rôle clé : il supervise l’allocation de certains fonds importants, tels que les prêts étudiants, les bourses Pell pour les étudiants défavorisés, et les aides pour les étudiants handicapés. Il garantit également l’égalité des chances en éducation en veillant à ce que les États respectent les principes de non-discrimination.
Les implications d’une telle mesure
La disparition du département pourrait entraîner des conséquences importantes. Selon Laurie Béreau, la suppression de cette institution affaiblirait un mécanisme essentiel assurant que les États respectent les principes constitutionnels, notamment en matière de non-discrimination. La centralisation des données relatives à l’éducation, qui permet de vérifier la conformité des politiques éducatives avec les droits fondamentaux, risquerait également d’être perdue.
Dans des États comme la Floride ou le Texas, où des ajustements ont déjà été effectués sur des sujets tels que l’esclavage ou les droits des personnes LGBT+, l’absence de ce département pourrait accroître les divergences entre les politiques des États et éroder davantage l’unité fédérale.
Une lutte en plusieurs étapes
Cette initiative de fermeture n’est pas nouvelle. Depuis des années, des tentatives républicaines de supprimer le département de l’Éducation existent, alimentées par le mouvement pour les droits parentaux, qui s’oppose aux politiques progressistes comme celles favorisant l’inclusion des élèves LGBT+. Bien que Donald Trump ait déjà tenté de fermer ce département pendant son premier mandat, le Congrès n’avait pas adopté la proposition à l’époque. Aujourd’hui, un recours judiciaire a été déposé par les procureurs des États dirigés par des démocrates, qui contestent cette décision.
La Rédaction

