À Warkambou, vingt forages solaires et une brigade de gendarmerie viennent répondre à deux besoins très différents mais essentiels : l’eau potable et la sécurité de proximité. Leur particularité tient aussi à leur financement. Les infrastructures ont été réalisées par Goissibe Abdoulaye, originaire du milieu, illustrant la place que peuvent prendre les initiatives individuelles dans le développement des territoires.
Inaugurés ce dernier week-end d’août dans la commune Tône 3, les vingt forages doivent améliorer l’accès à l’eau potable de plusieurs communautés. Leur alimentation par panneaux solaires permet de réduire la dépendance à d’autres sources d’énergie pour assurer le pompage.
L’impact attendu dépasse l’approvisionnement des ménages. Lorsque l’accès à l’eau est difficile, le temps consacré à sa recherche pèse particulièrement sur les femmes et peut également affecter l’hygiène, la santé et certaines activités économiques locales.
Le privé comme accélérateur, pas comme substitut
La brigade de gendarmerie répond à une autre nécessité : rapprocher les forces de sécurité des habitants, particulièrement dans les cantons de Warkambou et Lotogou. Dans une région des Savanes confrontée à des enjeux sécuritaires spécifiques, cette proximité entre populations et forces de défense et de sécurité revêt une importance particulière.
La réalisation simultanée de ces équipements pose cependant une question plus large. Les contributions de particuliers, entrepreneurs, cadres ou ressortissants d’une localité peuvent accélérer la réponse à certains besoins que les ressources publiques ne permettent pas toujours de satisfaire immédiatement.
Mais cette solidarité ne saurait devenir une condition d’accès aux infrastructures essentielles. Toutes les communautés ne disposent pas nécessairement d’un ressortissant capable de financer des équipements d’une telle ampleur. L’initiative privée peut donc compléter l’action publique ; elle ne peut s’y substituer.
Construire ne suffit pas, il faut faire durer
Pour les vingt forages, le prochain enjeu sera celui de leur entretien. Le préfet de Tône a d’ailleurs appelé à mettre en place des comités de gestion afin d’assurer la pérennité des installations.
Cette étape est déterminante. Pompes, panneaux solaires et autres équipements nécessiteront maintenance et financement au-delà de leur mise en service.
À Warkambou, l’investissement réalisé montre ainsi ce que l’engagement d’un acteur privé peut apporter à son territoire d’origine. Mais un don peut construire une infrastructure ; seule une organisation durable peut la transformer en service pour la population.
La Rédaction

