Les moustiques femelles sont attirés par des molécules que certains individus émettent en plus grande quantité que d’autres.
« Il est clair que certains humains attirent plus les moustiques que d’autres », explique Laura Duvall, biologiste de l’Université Columbia qui travaille sur les molécules qui poussent les moustiques à se nourrir de sang humain. « C’est un domaine où il y a beaucoup d’études, mais encore beaucoup d’incertitudes. »
Selon une étude à laquelle Mme Duvall a collaboré, mais dont elle n’est pas coauteure, a conclu en 2022 dans la revue Cell que certaines molécules appelées « acides carboxyliques » présentes dans les effluves humains attirent plus les moustiques femelles. Ces molécules doublent la probabilité d’être piqué par un moustique.
En sommes tout est une question « d’odeur », en aucun cas dans un sens péjoratif pour autant.
Les moustiques femelles piquent les humains – certaines espèces préfèrent d’autres mammifères – pour produire des œufs. Les mâles ne piquent pas. Pour se nourrir, les deux sexes ont besoin de pollen. Mme Duvall a récemment identifié, sur le site de prépublication bioRxiv, des molécules qui poussent le moustique femelle à piquer, quand il est prêt à produire des œufs.
Cette axe de recherche détermine quelles molécules du moustique femelle suscitent la recherche de proies.
En juin, dans la revue PNAS, une étude a identifié une autre molécule impliquée dans cette pulsion vampirique. « C’est un peu comme la molécule humaine qu’inhibe l’Ozempic », explique l’auteur de cette dernière étude, Michael Strand de l’Université de Géorgie.
Attirer pour éloigner
Laquelle des deux axes de recherche est la plus prometteuse pour de nouveaux insecticides ? Entraver les molécules du moustique qui le pousse à se nourrir est délicat parce qu’on pourrait affecter d’autres espèces, note M. Strand.
Pour ce qui est de la recherche sur les molécules des odeurs humaines qui attirent le plus les moustiques, elle pourrait mener à des pièges qui éloigneraient les moustiques. « On pourrait penser qu’on mettrait cette odeur dans un endroit éloigné de l’endroit où on fait un barbecue », dit Mme Duvall.
D’autres axes de recherches sur les molécules visant à expliquer pourquoi les moustiques piquent plus certaines personnes restent pour le moment non concluantes. Citons, entre autres facteurs, la grossesse, la consommation de bière, le groupe sanguin, la consommation d’ail ou les vitamines B. Une association avec le microbiote humain a aussi été évoquée. Il est aussi difficile de voir si les molécules étudiées jusqu’à maintenant sont émises de manière stable par les humains, une donnée essentielle pour tirer au clair l’énigme des « aimants à moustiques ».

