une bataille pour sauver sa candidature présidentielle
Bangui, 13 novembre 2025 – L’opposition centrafricaine traverse une crise sans précédent : Anicet-Georges Dologuélé, figure emblématique et ancien Premier ministre, se retrouve apatride après que la justice de Bangui a prononcé sa déchéance de nationalité mi-octobre. Cette décision menace directement sa participation à la présidentielle du 28 décembre et soulève de sérieuses questions sur l’état de la démocratie dans le pays.
« J’attends que ma nationalité et mon passeport me soient restitués et de pouvoir me présenter aux élections », a déclaré Dologuélé à l’AFP, dénonçant une justice sous pression et l’ingérence politique dans ses décisions. L’opposant a saisi le Comité des droits de l’Homme de l’ONU le 12 novembre, espérant obtenir la reconnaissance de ses droits et la restauration immédiate de sa nationalité.
Cette situation illustre les conséquences concrètes d’une déchéance de nationalité arbitraire : en devenant apatride, Dologuélé perd ses droits civiques, ne peut plus voter ni se présenter aux élections et se retrouve privé d’un passeport pour ses déplacements internationaux. Pour un candidat à la présidentielle, ces limitations sont autant de barrières qui compromettent son engagement politique et sa visibilité sur la scène nationale et internationale.
L’affaire suscite également un débat sur l’usage de la nationalité comme outil politique d’exclusion. Si la plainte auprès de l’ONU ne crée pas d’obligation juridique pour la Centrafrique, elle met une pression symbolique et diplomatique sur les autorités et attire l’attention de la communauté internationale sur le respect des droits civiques des citoyens centrafricains.
Avec l’échéance électorale imminente, la question reste ouverte : Anicet-Georges Dologuélé pourra-t-il reconquérir sa nationalité à temps pour défendre sa candidature et offrir à l’opposition un véritable choix démocratique ? La décision du Comité des droits de l’Homme et la réaction de Bangui seront scrutées de près, avec des implications qui dépassent largement le cadre national.
La Rédaction

