En trois décennies, l’Antarctique a perdu une surface de glace équivalente à celle de la région parisienne entière. Une fonte historique qui alerte les climatologues et menace les côtes du monde entier.
Une calotte glaciaire qui recule à vue d’œil
Grâce à 15 missions satellitaires couvrant près de 30 ans, des chercheurs de l’Université de Californie à Irvine et du Jet Propulsion Laboratory de la NASA ont suivi le recul progressif de la calotte antarctique. Entre 1996 et 2025, la perte s’élève à 12 820 km², soit 442 km² par an, une surface plus grande qu’une ville comme New York chaque année.
Cette glace contient l’équivalent d’une élévation mondiale du niveau des mers de 57 mètres si elle venait à disparaître totalement. La vitesse à laquelle la glace glisse vers l’océan pourrait transformer à jamais le littoral mondial, et les communautés côtières n’ont plus que peu de temps pour s’adapter.
Les glaciers les plus menacés
Les scientifiques ont étudié la ligne d’échouage, frontière où la glace cesse de reposer sur le continent pour flotter vers l’océan. Elle sert de thermomètre de la stabilité de la calotte.
Si 77 % des côtes antarctiques restent stables, certains glaciers subissent des pertes spectaculaires :
•Glacier Smith : recul de 43 km, le plus important enregistré
•Glacier Pine Island : recul de 33 km et perte de plus de 1 000 km² de glace
•Glacier Thwaites : recul de 26 km, surveillé de près pour son impact potentiel sur le niveau des océans
Ces reculs révèlent une dynamique inquiétante, où la glace se détache plus vite qu’elle ne se renouvelle.
Les courants océaniques à l’origine de la fonte ?
La fonte par en dessous serait en partie provoquée par des courants océaniques chauds venus de l’océan Austral. Ces flux décollent la glace du socle rocheux et accélèrent son glissement vers l’océan. Mais tous les reculs ne s’expliquent pas par cette théorie : certaines zones, notamment sur la côte est de la péninsule, perdent de la glace sans trace de ces eaux chaudes, laissant planer l’ombre de facteurs encore inconnus.
Pour les climatologues, l’enjeu est clair : suivre la calotte antarctique et comprendre ses mécanismes de fonte est essentiel pour anticiper l’avenir des océans et protéger les populations exposées.
La Rédaction

