Les États-Unis influencent plusieurs gouvernements d’Amérique latine et des Caraïbes à mettre un terme aux missions médicales cubaines, privant certaines populations de soins essentiels.
La fin d’un modèle de coopération
Depuis le début de l’année 2026, plusieurs pays d’Amérique latine et des Caraïbes ont commencé à mettre un terme aux missions médicales cubaines sur leur sol. Jamaïque, Guyana, Honduras et Guatemala figurent parmi les États qui ont décidé de ne pas renouveler leurs accords bilatéraux avec La Havane, affectant des centaines de médecins et soignants cubains présents depuis des années dans des zones rurales isolées.
Aux yeux de Washington, ces brigades sont soupçonnées de relever du « travail forcé », une accusation que Cuba conteste vigoureusement. Néanmoins, la pression diplomatique et économique exercée par les États-Unis a contribué à accélérer ces décisions, mettant fin à un programme humanitaire qui a longtemps été un symbole de la diplomatie médicale cubaine.
Impact local sur la santé publique
Les conséquences de ces retraits sont immédiates pour les populations bénéficiaires. Dans les régions rurales du Guatemala, par exemple, de nombreuses communautés autochtones dépendent encore de ces équipes pour accéder à des soins de base. Les autorités locales s’inquiètent de la vacance médicale qui va se créer, avec des hôpitaux et cliniques dépourvus de personnel qualifié pour plusieurs mois.
Denia Perez et Dalia Escalona, deux médecins cubaines présentes à Uspantán, ont témoigné de l’inquiétude des habitants : « Les patients nous demandent chaque jour si nous reviendrons. Beaucoup craignent de ne plus avoir accès aux soins », confient-elles.
Une stratégie diplomatique à double tranchant
Pour Cuba, la réduction de ses missions médicales est un revers diplomatique et économique. Le programme, qui envoyait des brigades dans une trentaine de pays, était aussi une source de devises pour l’île. Pour les États-Unis, ces mesures s’inscrivent dans une stratégie visant à isoler Cuba et limiter son influence régionale, en dénonçant officiellement la participation obligatoire des médecins aux programmes de coopération.
Perspectives pour l’avenir
Alors que les missions médicales cubaines se réduisent, certains experts locaux craignent un effet domino. « Si d’autres pays cèdent à la pression américaine, les populations les plus vulnérables perdront l’accès à des soins essentiels, ce qui pourrait accroître les inégalités sanitaires dans la région », avertit un analyste en santé publique basé à Mexico.
Cuba, de son côté, continue de défendre le caractère volontaire et humanitaire de ses brigades, et examine des alternatives pour maintenir une présence médicale internationale malgré ces retraits progressifs.
La Rédaction

