Une route dans une commune, une zone d’activité dans une autre, de nouveaux équipements publics ailleurs : pris séparément, chacun de ces projets peut répondre à un besoin réel. Mais leur accumulation ne garantit pas un développement équilibré. Présenté cette semaine aux acteurs de la région de la Kara, le Schéma national d’aménagement du territoire doit précisément permettre de passer d’une addition d’initiatives locales à une vision plus cohérente de l’espace national.
Le SNAT fixe les grandes orientations appelées à guider l’utilisation du territoire, l’implantation des infrastructures et la programmation des projets structurants. Pour les communes, il doit servir de cadre de référence afin que les choix locaux s’articulent davantage avec ceux de l’État et des collectivités voisines.
L’enjeu dépasse donc la simple planification. Il touche à la manière dont les investissements publics sont répartis et reliés entre eux.
Éviter les territoires qui avancent chacun de leur côté
La décentralisation donne aux collectivités davantage de responsabilités dans la définition de leurs priorités. Mais cette autonomie peut aussi produire des incohérences si chaque territoire raisonne uniquement à partir de ses propres frontières administratives.
Une infrastructure routière, un marché, une zone économique ou un équipement social ont souvent des effets qui dépassent la commune où ils sont implantés. Les flux de populations, les échanges commerciaux et les besoins en services traversent les limites locales.
Le SNAT doit donc aider à mieux coordonner ces décisions et à éviter que certaines zones concentrent les investissements pendant que d’autres restent insuffisamment connectées aux dynamiques de développement.
Faire de la carte un outil d’arbitrage
La rencontre organisée à Kara s’inscrit dans une tournée nationale qui doit se poursuivre jusqu’au 18 août. Collectivités territoriales, services de l’État, secteur privé, société civile, chefferie traditionnelle et partenaires techniques sont associés à cette phase de diffusion et d’appropriation.
Pour le ministère de l’Aménagement du territoire et de l’Urbanisme, le défi consiste désormais à faire passer le SNAT du document stratégique à l’outil réellement utilisé dans les décisions publiques.
C’est à ce niveau que sa valeur sera jugée. Une carte nationale n’a d’intérêt que si elle permet d’arbitrer entre les priorités, de mieux répartir les équipements et de donner davantage de continuité aux investissements.
L’aménagement du territoire ne consiste donc pas seulement à multiplier les projets. Il suppose surtout de faire en sorte qu’ils se complètent, se connectent et contribuent à réduire les déséquilibres plutôt qu’à les renforcer.
La Rédaction

