À la veille de la Fête nationale, la capitale camerounaise s’est transformée en théâtre de préparation intense, entre discipline militaire et ferveur civique.
Dans les grandes avenues de la capitale, l’effervescence ne trompe personne. Alors que le Cameroun s’apprête à célébrer le 20 mai, symbole de l’unité nationale, la ville est entrée dans une phase de concentration maximale. Samedi, des milliers de soldats, d’élèves, de fonctionnaires et de membres de la société civile ont participé à la répétition générale du défilé, marquant l’ultime étape avant le grand jour.
Le boulevard du 20 mai, cœur symbolique de la cérémonie, a été le théâtre d’une mise en scène réglée au millimètre. Sous les yeux vigilants des autorités civiles et militaires, les différents corps ont peaufiné gestes, alignements et chorégraphies. L’enjeu n’est pas simplement logistique : il est politique, symbolique, presque rituel.
Une célébration à haute portée politique
La Fête nationale du 20 mai commémore le référendum de 1972, par lequel le Cameroun est devenu un État unitaire, remplaçant l’ancien système fédéral. Depuis, cette journée est utilisée par le pouvoir en place pour réaffirmer l’unité du pays et l’autorité de l’État central. Dans un contexte marqué par des tensions récurrentes dans les régions anglophones et des critiques sur la gouvernance, le défilé du 20 mai devient chaque année un moment de réaffirmation solennelle.
L’implication des écoles, des syndicats, des forces de défense et même des partis politiques dans les défilés traduit cette volonté de construire une image de cohésion. À Yaoundé, cette répétition est donc bien plus qu’un exercice de style : c’est un message envoyé à la nation et à l’international.
Une mobilisation encadrée
Cameroon Tribune, média d’État, a documenté la journée, montrant une organisation rigoureuse. Les contingents ont suivi les ordres dans une discipline stricte. Les autorités présentes — hauts gradés, préfets, membres du gouvernement — ont supervisé chaque passage. L’événement est calibré pour être diffusé en direct à la télévision nationale, mettant en scène un Cameroun unifié, ordonné et résolu.
Mais cette mise en scène masque aussi certaines fractures. La fête de l’unité survient dans un contexte où des voix s’élèvent pour questionner cette unité, en particulier dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, où la crise anglophone persiste. Pour Yaoundé, maintenir la tradition du 20 mai revient à réaffirmer que l’État est encore debout, malgré tout.
À quelques heures de la célébration officielle, la répétition du défilé à Yaoundé n’est pas un simple entraînement. Elle est le reflet d’une vision centralisée du pouvoir, d’un idéal d’unité nationale, et d’un effort de mise en scène du patriotisme. Chaque pas, chaque salutation, chaque alignement contribue à construire une image : celle d’un Cameroun uni, fort, prêt à se montrer au monde.
La Rédaction

