Après trente-cinq ans de présence au Sahara occidental, les Nations unies mettent fin à leur mission de surveillance, faute d’accord au Conseil de sécurité. Ce départ intervient alors que le conflit territorial reste sans solution politique et que les tensions militaires persistent. Pour la région, la disparition des observateurs onusiens soulève une question majeure : qui contribuera désormais à prévenir une nouvelle escalade ?
Au Sahara occidental, la fin de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum (MINURSO) marque bien davantage que la fermeture d’une opération de maintien de la paix. Elle prive un territoire disputé depuis un demi-siècle d’un dispositif international de surveillance, au moment où les divergences diplomatiques entre les parties demeurent profondes.
Depuis le 1er novembre, l’ONU organise le retrait progressif de ses personnels et le démantèlement de ses installations. Environ 160 observateurs militaires et 180 agents civils doivent quitter le territoire. Treize sites seront fermés ou transférés, sous la supervision d’une équipe réduite chargée de conduire les opérations de liquidation.
Un blocage diplomatique aux conséquences concrètes
La disparition de la mission résulte de l’échec des négociations au Conseil de sécurité, le 30 octobre. La Russie a opposé son veto à un projet américain qui privilégiait le plan d’autonomie du Sahara occidental sous souveraineté marocaine comme base exclusive des discussions. Une proposition russe visant à prolonger la mission sans modifier son mandat n’a pas davantage été adoptée.
Derrière ce désaccord se confrontent deux conceptions du règlement du conflit. Le Maroc défend une autonomie sous sa souveraineté, tandis que le Front Polisario revendique l’indépendance et l’organisation d’un référendum d’autodétermination.
Rabat a accueilli favorablement la fin de la MINURSO, contrairement au Front Polisario et à l’Algérie, qui redoutent un affaiblissement du processus politique international.
Trente-cinq ans sans le référendum attendu
Créée en 1991 à la suite d’un accord de cessez-le-feu, la MINURSO devait accompagner l’organisation d’une consultation permettant aux Sahraouis de choisir leur avenir politique. Ce référendum n’a jamais été organisé, notamment en raison des désaccords sur la définition du corps électoral.
La mission avait néanmoins conservé un rôle essentiel dans l’observation des activités militaires et la prévention des incidents. Depuis la reprise des hostilités en 2020, sa présence contribuait à maintenir un canal de communication entre les parties.
Sa disparition laisse désormais un vide opérationnel dont les conséquences pourraient dépasser le territoire, sur fond de rivalité persistante entre le Maroc et l’Algérie.
L’ONU maintient le principe d’autodétermination
António Guterres a tenu à distinguer la fin de la mission de celle du processus politique. Le secrétaire général rappelle que le départ des observateurs ne remet pas en cause le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
Les efforts diplomatiques doivent se poursuivre sous la conduite de son envoyé personnel, Staffan de Mistura. Le chef de l’ONU appelle parallèlement les parties à la retenue afin d’éviter toute aggravation des tensions.
Après trente-cinq ans de présence internationale, le Sahara occidental entre ainsi dans une phase particulièrement délicate : les Nations unies conservent leur engagement diplomatique, mais perdent l’un des principaux instruments qui leur permettaient de suivre directement l’évolution de la situation sur le terrain.
La Rédaction
Sources vérifiées : Nations unies — Fin de la MINURSO et maintien des efforts diplomatiques, 1er novembre 2026 ; Agence EFE — Modalités du retrait annoncées le 2 novembre ; Position officielle du Maroc, 30 octobre ; Déclaration du Front Polisario, 1er novembre. UN Peacekeeping +3

