Pour de nombreux ménages ruraux, les troupeaux représentent bien davantage qu’une activité agricole : ils constituent une réserve de revenus, parfois indispensable pour faire face aux dépenses familiales. Leur vulnérabilité aux maladies infectieuses demeure pourtant un risque économique majeur. Avec une nouvelle campagne nationale de vaccination à tarifs fortement réduits, le Togo cherche à protéger ce patrimoine productif et à renforcer la sécurité de ses approvisionnements alimentaires.
Réduire le coût de la prévention
Engagée depuis Kara, la campagne cible plusieurs maladies susceptibles de provoquer d’importantes pertes dans les élevages, notamment la peste des petits ruminants, la maladie de Newcastle et la péripneumonie contagieuse bovine. Le charbon bactéridien et la rage canine figurent également parmi les risques sanitaires pris en compte.
L’effort porte particulièrement sur l’accessibilité financière. La vaccination des ovins et caprins contre la peste des petits ruminants revient à 100 FCFA par animal, contre 500 FCFA au tarif habituel. Pour les volailles, le prix annoncé est de 50 FCFA, au lieu de 300 FCFA.
Ces subventions doivent permettre aux petits éleveurs de protéger leurs animaux sans engager des dépenses disproportionnées par rapport à leurs moyens.
Un enjeu qui dépasse les exploitations
Les conséquences des maladies animales se répercutent sur l’ensemble des filières. La mortalité du bétail réduit les capacités de production, fragilise les revenus des exploitants et peut perturber l’approvisionnement en viande, en lait et en œufs.
La prévention revêt aussi une dimension de santé publique, certaines infections animales, notamment le charbon bactéridien et la rage, pouvant se transmettre à l’être humain.
Soutenue par le Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP), l’opération vise une couverture vaccinale de 70 % des animaux concernés.
L’épreuve de la couverture territoriale
Cette mobilisation prolonge le plan stratégique national 2025-2030 consacré à la peste des petits ruminants, qui prévoit une intensification de la vaccination et de la surveillance épidémiologique.
Mais le prix des doses ne suffira pas à garantir les résultats. La disponibilité des vaccins, la présence des services vétérinaires et la participation des éleveurs détermineront l’étendue réelle de la protection.
Pour le Togo, l’enjeu sera de maintenir cette prévention dans la durée. La solidité des filières animales dépend autant du développement de la production que de la capacité à préserver les élevages existants.
La Rédaction

