Sous l’immense couverture forestière du Gabon, des milliers d’espèces végétales restent insuffisamment étudiées. Chaque année, les botanistes enrichissent les connaissances sur cette flore exceptionnelle, tandis que l’urbanisation et les projets industriels menacent certains habitats. Une course scientifique s’engage pour identifier et protéger un patrimoine naturel dont une partie demeure inconnue.
Au Gabon, préserver la biodiversité commence par un travail de connaissance. Alors que près de 88 % du territoire demeure recouvert de forêts, les scientifiques estiment qu’une partie importante de la flore nationale reste à inventorier.
L’arboretum de Sibang et l’Herbier du Gabon participent à cette exploration. Sous la direction du botaniste Archange Boupoya, les chercheurs collectent, identifient et conservent des spécimens végétaux destinés à documenter la richesse naturelle du pays.
Une flore qui réserve encore des découvertes

Selon Archange Boupoya, le Gabon pourrait abriter entre 7 000 et 10 000 espèces végétales. Les missions scientifiques permettraient d’en découvrir une dizaine chaque année.
L’Herbier national conserve environ 100 000 échantillons, dont certains remontent au XIXe siècle. Ces collections constituent une mémoire scientifique précieuse pour comparer les espèces et suivre l’évolution de leur répartition.
Mais explorer les forêts demande des financements, des équipements et des compétences spécialisées. De vastes territoires demeurent encore insuffisamment étudiés.
Des espèces menacées par les transformations du territoire

L’exploitation forestière, les activités minières, l’urbanisation et les grands aménagements exercent des pressions sur certains écosystèmes.
Les podostémacées illustrent cette vulnérabilité. Ces plantes aquatiques particulières vivent fixées aux rochers des cours d’eau rapides, notamment près des cascades.
Dans la région de Kinguélé, un projet hydroélectrique pourrait modifier leurs habitats. Les botanistes étudient des possibilités de conservation et de réintroduction, sans garantie de réussite.
La recherche confrontée au manque de moyens
Depuis l’incendie de leur ancien siège en 2016, les collections de l’Herbier sont conservées dans d’autres installations. Le manque de locaux adaptés et les contraintes financières compliquent les travaux scientifiques.
À l’issue de la COP17 sur la biodiversité, organisée en Arménie, cette situation rappelle un enjeu majeur : protéger les écosystèmes suppose d’abord de connaître les espèces qu’ils abritent.
Pour le Gabon, l’urgence est double : poursuivre les découvertes et empêcher que certains végétaux disparaissent avant d’avoir révélé leur importance écologique.
La Rédaction

