Au printemps 1945, alors que la Seconde Guerre mondiale touche à sa fin, une alliance improbable se forme entre des soldats américains et allemands. Leur objectif n’est pas de conquérir une ville ni de remporter une bataille, mais de sauver plusieurs centaines de chevaux menacés par les derniers combats. Baptisée « opération Cowboy », cette mission extraordinaire reste l’un des épisodes les plus singuliers de la fin du conflit.
Un haras au milieu de la guerre
À Hostau, aujourd’hui Hostouň, en République tchèque, les autorités nazies ont rassemblé des centaines de chevaux provenant de différents pays européens. Parmi eux figurent de précieux lipizzans, une race étroitement associée à la prestigieuse École espagnole d’équitation de Vienne.
En avril 1945, l’effondrement du IIIe Reich approche. Les troupes américaines progressent depuis l’ouest, tandis que l’Armée rouge avance depuis l’est.
Les responsables du haras redoutent que les chevaux soient tués, réquisitionnés ou dispersés dans les derniers affrontements. Leur préservation devient une urgence.
Quand deux armées ennemies coopèrent
Face au danger, des officiers allemands prennent contact avec les forces américaines. Le lieutenant-colonel Walter Holters participe aux démarches visant à obtenir leur intervention.
La demande parvient au colonel américain Charles Reed, commandant du 2e régiment de cavalerie. Sensible au sort des animaux, il accepte d’organiser une opération de sauvetage.
Le général George Patton donne son accord.
La situation est exceptionnelle : des militaires appartenant à deux armées encore officiellement ennemies échangent des informations et coordonnent leurs efforts pour protéger les chevaux.
Des soldats allemands, des Américains et des habitants participent à leur évacuation. Les juments et les poulains nécessitent une attention particulière, tandis que d’autres animaux sont conduits vers la Bavière, sous contrôle américain.
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Une opération entrée dans l’histoire
L’intervention permet de mettre à l’abri plusieurs centaines de chevaux, souvent estimés à environ 650 dans les récits consacrés à l’opération Cowboy.
Parmi eux se trouvent des lipizzans dont la sauvegarde contribue à préserver un patrimoine équestre européen menacé par la guerre.
Une partie des animaux rejoindra ensuite l’Autriche, où l’École espagnole d’équitation de Vienne perpétue encore aujourd’hui ses traditions.
Au-delà du sauvetage, cette opération révèle un épisode inattendu des derniers jours du conflit. Des hommes qui, peu auparavant, auraient pu s’affronter sur un champ de bataille ont accepté de travailler ensemble pour protéger des animaux.
En 1945, alors que l’Europe sortait de six années de destruction, plusieurs centaines de chevaux ont ainsi trouvé leur salut dans une coopération que la guerre semblait rendre impossible.
La Rédaction

