La sixième édition du Festival international Gbaka Animation (FIGA) débute ce samedi 24 octobre 2026 au Togo. Jusqu’au 31 octobre, projections, compétitions, expériences immersives et rencontres professionnelles mettront en lumière une création audiovisuelle en pleine évolution. Entre Lomé et Kpalimé, le festival entend renforcer la visibilité des talents et accompagner l’émergence d’une véritable industrie africaine de l’animation.
L’animation africaine ne se limite plus aux dessins animés destinés aux enfants. Elle explore désormais la mémoire, les imaginaires, les réalités sociales et les nouvelles technologies de l’image. C’est cette diversité que le Festival international Gbaka Animation entend mettre en valeur à travers sa sixième édition, dont les premières activités se déroulent les 24 et 25 octobre au Centre GBAKA Animation et à Kpalimé.
Le festival annonce 372 films inscrits, 152 œuvres sélectionnées et neuf compétitions officielles, à l’issue d’un appel à candidatures ayant mobilisé des créations issues de 56 pays. Ces chiffres traduisent l’ampleur internationale de la manifestation et l’intérêt croissant pour les espaces de diffusion consacrés au cinéma d’animation.
Des imaginaires africains aux nouvelles technologies
Le FIGA s’intéresse aux différentes formes de narration animée, des techniques traditionnelles aux productions numériques. La réalité virtuelle occupe également une place dans la programmation, témoignant de l’évolution des moyens utilisés pour raconter des histoires et construire des univers visuels.
Pour les créateurs africains, ces technologies ouvrent de nouvelles possibilités d’expression. Elles permettent notamment de revisiter les contes, les patrimoines culturels et les récits contemporains sans dépendre exclusivement des codes esthétiques développés par les grandes industries internationales.
Mais cette liberté créative suppose aussi des compétences techniques, des équipements, des financements et des circuits de distribution. La question dépasse donc la seule production artistique : elle concerne la capacité des professionnels africains à développer durablement leurs propres studios et leurs réseaux de diffusion.
Faire émerger une industrie de l’animation

Au-delà des projections, le FIGA cherche à rapprocher les différents acteurs de la filière. Les rencontres professionnelles prévues les 29 et 30 octobre à l’Institut français du Togo doivent prolonger cette réflexion autour des métiers, des collaborations et des perspectives de développement du secteur.
Cette dimension est essentielle. Un film d’animation mobilise des scénaristes, illustrateurs, animateurs, techniciens du son, spécialistes des effets visuels et producteurs. La structuration de cette chaîne de compétences représente un enjeu économique autant que culturel.
Le festival offre ainsi une occasion de faire découvrir des œuvres, mais aussi de favoriser les échanges entre professionnels et de donner davantage de visibilité à des créations qui peinent parfois à accéder aux circuits internationaux.
Une semaine pour faire circuler les images
En répartissant ses activités entre plusieurs lieux, notamment Lomé et Kpalimé, le FIGA inscrit également l’animation dans une dynamique de circulation culturelle. Les premières projections et expériences immersives ouvriront la manifestation, avant les rendez-vous professionnels et la clôture annoncée le 31 octobre à l’Institut français du Togo.
Cette sixième édition rappelle finalement que l’animation constitue bien davantage qu’un divertissement. Elle est devenue un langage artistique capable de transmettre des mémoires, d’inventer des univers et de porter des regards singuliers sur les sociétés.
Pour le Togo, accueillir le FIGA revient ainsi à participer à la construction d’un espace où les créateurs africains peuvent non seulement raconter leurs propres histoires, mais aussi développer les moyens de les produire et de les diffuser.
La Rédaction

