En Afghanistan, près de 19,2 millions de personnes pourraient connaître une insécurité alimentaire aiguë entre novembre 2026 et avril 2027, malgré une amélioration de la production agricole. Une contradiction apparente qui fait écho aux crises alimentaires africaines, où pauvreté, conflits, hausse des coûts et recul de l’aide humanitaire continuent de fragiliser les populations.
En Afghanistan, des récoltes meilleures mais une faim persistante
Les précipitations plus favorables et l’amélioration des rendements agricoles n’ont pas suffi à inverser la crise. Selon une analyse publiée le 13 octobre par le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), 38 % de la population afghane pourrait être confrontée à une insécurité alimentaire aiguë durant l’hiver, dont plus de cinq millions de personnes en situation d’urgence.
Cette dégradation révèle les limites d’une réponse centrée uniquement sur la production agricole. La nourriture peut être disponible sans être financièrement accessible aux familles.
Le pouvoir d’achat, maillon fragile de la sécurité alimentaire
En Afghanistan, chômage, inflation, hausse des coûts de transport et des intrants agricoles réduisent les capacités d’achat. Les perturbations commerciales et la diminution de l’assistance humanitaire aggravent une précarité déjà profonde.
Les conséquences dépassent la seule alimentation. En 2027, près de 4,04 millions d’enfants de moins de cinq ans pourraient nécessiter un traitement contre la malnutrition aiguë, également favorisée par les maladies et l’insuffisance des services sanitaires.
En Afrique, des mécanismes comparables
Le phénomène trouve des échos en Afrique de l’Ouest et centrale. Selon les projections publiées en janvier par le Programme alimentaire mondial (PAM), plus de 55 millions de personnes risquaient une insécurité alimentaire aiguë pendant la soudure de juin à août 2026.
Au Sahel, violences et déplacements désorganisent les activités agricoles et les marchés. Au Soudan, la guerre compromet les approvisionnements et l’accès humanitaire. Les situations diffèrent de celle de l’Afghanistan, mais soulignent une même vulnérabilité : disposer de ressources alimentaires ne garantit pas leur accès aux populations.
Produire davantage ne suffit pas
Ces crises rappellent que la sécurité alimentaire dépend autant des revenus, des prix et de la stabilité des marchés que des récoltes. Le recul de l’aide humanitaire accentue encore les difficultés des ménages les plus vulnérables.
Soutenir l’agriculture demeure indispensable. Mais sans protection sociale, accès aux services essentiels et préservation du pouvoir d’achat, une bonne saison agricole peut coexister avec une faim massive.
La Rédaction

