Alors que l’Égypte construit quatre réacteurs et que l’Afrique du Sud demeure le seul pays du continent à produire de l’électricité nucléaire, plusieurs États africains préparent leurs propres programmes. Mais derrière les annonces, le financement, la solidité des réseaux électriques, la sûreté et la formation des spécialistes détermineront quels projets pourront réellement aboutir.
L’énergie nucléaire suscite un intérêt croissant en Afrique, où les besoins d’électricité accompagnent l’urbanisation, l’industrialisation et la croissance démographique. Capable de produire une électricité continue avec de faibles émissions directes de CO₂, elle représente une option de diversification énergétique. Son développement suppose toutefois des investissements considérables et des engagements sur plusieurs décennies.
L’Afrique du Sud et l’Égypte en première ligne
L’Afrique du Sud exploite les deux réacteurs de la centrale de Koeberg, seule installation nucléaire commerciale en fonctionnement sur le continent. L’Égypte construit quatre réacteurs à El-Dabaa, d’une puissance totale de 4 800 mégawatts, avec l’appui de la Russie. Ce chantier pourrait modifier progressivement la place du nucléaire dans le paysage énergétique africain.
Des ambitions encore inégalement avancées
Le Ghana, le Kenya, le Nigeria, l’Ouganda et le Rwanda figurent parmi les pays engagés dans des démarches nucléaires. Leurs programmes se trouvent néanmoins à des stades différents : études préliminaires, préparation réglementaire, recherche de partenaires ou identification de sites. Ces initiatives ne constituent pas encore des garanties de construction.
Le financement et les réseaux, obstacles décisifs
Une centrale nucléaire exige des capitaux importants, des infrastructures électriques robustes et des garanties financières durables. Les États doivent également disposer d’autorités de sûreté indépendantes, former des spécialistes et organiser la gestion des déchets radioactifs. Pour les réseaux électriques de taille limitée, intégrer un réacteur de grande puissance représente un défi technique supplémentaire.
Les petits réacteurs, une solution à confirmer
Les petits réacteurs modulaires (SMR) pourraient mieux s’adapter aux besoins de certains pays, grâce à leur puissance réduite et à des installations potentiellement plus progressives. Le Rwanda explore notamment cette technologie. Toutefois, sa compétitivité économique et son déploiement à grande échelle restent à démontrer.
Une transition énergétique à construire
Le nucléaire pourrait contribuer à diversifier les systèmes électriques africains, sans remplacer les investissements dans le solaire, l’hydroélectricité, le stockage et les réseaux. Sa pertinence dépendra des besoins industriels, des capacités financières et des infrastructures de chaque pays. L’enjeu n’est donc pas seulement de construire des réacteurs, mais de garantir une électricité fiable, accessible et économiquement soutenable.
La Rédaction

