Le dispositif américain d’avantages commerciaux a été prolongé jusqu’en 2028, mais l’Afrique du Sud pourrait en être exclue. Cyril Ramaphosa appelle les entreprises à anticiper un choc sur les exportations et les emplois, tout en recherchant de nouveaux débouchés.
À Pretoria, le soulagement provoqué par la prolongation de l’AGOA aura été de courte durée. Le 19 octobre, le président Cyril Ramaphosa a demandé au pays de se préparer à une possible exclusion de ce programme américain, qui facilite l’accès de produits africains au marché des États-Unis. Une éventuelle sortie ne signifierait pas l’arrêt des échanges, mais la perte d’avantages douaniers pour les exportateurs concernés.
Une prolongation qui ne garantit rien
L’AGOA a bien été reconduit jusqu’au 31 décembre 2028 : Donald Trump a signé la loi correspondante début septembre. Mais Washington conserve le pouvoir de réexaminer chaque année l’éligibilité des pays bénéficiaires. L’Afrique du Sud reste donc exposée à une décision défavorable, sur fond de tensions diplomatiques avec l’administration américaine.
Donald Trump a notamment relayé des accusations infondées de persécution des Afrikaners blancs, rejetées par Pretoria. D’autres différends portent sur des choix de politique intérieure et sur les positions diplomatiques sud-africaines. Ramaphosa affirme poursuivre les discussions avec Washington, sans pouvoir garantir leur issue.
L’industrie automobile en première ligne
L’Afrique du Sud est le principal bénéficiaire africain de l’AGOA. L’automobile constitue un secteur particulièrement vulnérable : le programme a longtemps favorisé ses ventes aux États-Unis et soutenu des emplois chez les constructeurs et leurs fournisseurs. Le président sud-africain avertit qu’une exclusion pourrait avoir des conséquences « dévastatrices » sur l’emploi.
La menace se superpose à des difficultés déjà présentes. Selon l’organisation professionnelle Naamsa, des droits de douane américains spécifiques de 25 % sur les véhicules ont fortement réduit l’utilité des préférences de l’AGOA pour cette filière. L’enjeu dépasse donc la seule décision d’éligibilité.
Diversifier sans perdre Washington
Pretoria explore d’autres marchés, notamment en Chine et en Inde, afin de réduire sa dépendance. Mais trouver de nouveaux acheteurs et adapter les chaînes de production demandera du temps. À l’approche du prochain examen américain, le défi est de protéger les entreprises sans considérer une rupture commerciale comme acquise.
La Rédaction

