Après plusieurs consultations défavorables, l’ancien président sénégalais renonce à succéder à António Guterres à la tête de l’ONU. Son retrait met fin à une candidature soutenue par Dakar, mais contestée au Sénégal, tandis que la désignation du prochain secrétaire général reste dans l’impasse.
Macky Sall a annoncé, samedi 17 octobre, son retrait de la course au secrétariat général des Nations unies. La décision intervient au lendemain d’un sixième vote indicatif du Conseil de sécurité, incapable de dégager un candidat acceptable pour les cinq membres permanents. Après avoir consulté les présidents sénégalais Bassirou Diomaye Faye et burundais Évariste Ndayishimiye, l’ancien chef de l’État a dit vouloir favoriser l’émergence d’un candidat de consensus.
Des soutiens insuffisants au Conseil de sécurité
Les chiffres avaient progressivement réduit ses perspectives. Au premier vote, fin juillet, Macky Sall avait recueilli six avis favorables, sept défavorables et deux « sans opinion ». Le 7 octobre, il ne comptait plus que cinq soutiens contre dix oppositions, un rapport de forces confirmé lors du scrutin du 16 octobre, selon les résultats rapportés par la presse.
Ces consultations ne constituent pas des votes de nomination. Elles servent à identifier un candidat susceptible d’obtenir au moins neuf voix sur quinze, sans veto d’un membre permanent. Or aucun des sept prétendants encore en lice avant le retrait de Macky Sall n’avait franchi cet obstacle.
Une ambition controversée au Sénégal
D’abord présentée par le Burundi, sa candidature avait reçu en juillet le soutien officiel de Bassirou Diomaye Faye, malgré leurs rivalités politiques. Elle restait contestée par des associations et des opposants sénégalais, qui reprochent à l’ancien pouvoir sa gestion des finances publiques et les violences lors des manifestations de 2021 à 2024. Macky Sall rejette les accusations portées contre lui.
En se retirant, l’ancien président reconnaît aussi l’orientation prise par les consultations vers l’Amérique latine et les Caraïbes, possiblement en faveur d’une femme. Cette préférence régionale n’élimine pourtant pas les désaccords entre grandes puissances.
Une succession encore incertaine
Le mandat d’António Guterres s’achève le 31 décembre 2026. Le Conseil de sécurité doit recommander un nom à l’Assemblée générale, qui procédera à la nomination. La décision de Macky Sall clarifie sa propre situation, sans résoudre l’impasse diplomatique qui entoure la succession.
La Rédaction

