Avec une production céréalière estimée à plus de 1,955 million de tonnes pour la campagne agricole 2026-2027, le Togo s’oriente vers une amélioration de ses disponibilités alimentaires. Mais derrière cette progression nationale se dessine une réalité plus contrastée : dans certaines zones du nord, l’insécurité continue de perturber les activités agricoles et l’accès aux marchés, empêchant une partie des ménages de bénéficier pleinement des bonnes perspectives de récolte.
Les prévisions agricoles togolaises affichent une évolution favorable. Selon le ministère de l’Agriculture, la production céréalière attendue progresse de 4,3 % par rapport à la campagne précédente et de 25,2 % comparativement à la moyenne des cinq dernières années. Ces résultats, encore estimatifs, traduisent des conditions de production globalement satisfaisantes sur une grande partie du territoire.
L’installation des cultures et leur développement ont bénéficié d’un contexte agroclimatique favorable. Les récoltes déjà engagées dans le sud, caractérisé par deux saisons agricoles, et celles attendues dans le nord devraient renforcer les disponibilités céréalières et améliorer l’approvisionnement des ménages dans les prochains mois.
Une amélioration des récoltes qui pourrait soulager les ménages
L’augmentation de la production constitue une perspective encourageante pour les exploitations agricoles comme pour les consommateurs. Dans les zones rurales, une récolte satisfaisante permet aux familles de disposer de davantage de denrées issues de leurs propres champs, réduisant potentiellement leur dépendance aux achats alimentaires.
Pour les producteurs qui commercialisent une partie de leurs récoltes, elle peut également soutenir les revenus. Son effet sur les prix dépendra toutefois des conditions d’acheminement, du stockage, de la demande et du fonctionnement des marchés.
Le ministère de l’Agriculture anticipe ainsi une amélioration de la sécurité alimentaire d’ici janvier 2027. Cette perspective reste néanmoins liée à la concrétisation des volumes annoncés et à la capacité des différentes régions à accéder effectivement aux produits disponibles.
Dans le nord, l’insécurité fragilise les bénéfices attendus
La situation demeure plus préoccupante dans certaines localités frontalières du nord. Les incursions et les activités de groupes armés continuent d’y affecter la mobilité des habitants, l’accès aux terres cultivables et les échanges commerciaux.
Ces perturbations peuvent empêcher des familles d’exploiter normalement leurs champs ou compliquer l’écoulement des récoltes. Elles limitent également les possibilités de revenus pour les ménages dépendant des marchés locaux et des circuits d’approvisionnement.
Le ministère reconnaît que ces contraintes empêchent les populations concernées de profiter pleinement de l’amélioration agricole attendue. Le contraste est important : une hausse de la production à l’échelle nationale ne signifie pas nécessairement une amélioration équivalente des conditions alimentaires dans chaque territoire.
Produire davantage ne suffit pas à garantir l’accès à l’alimentation
Les perspectives de la campagne 2026-2027 mettent ainsi en évidence deux dimensions complémentaires de la sécurité alimentaire. La première concerne la disponibilité des céréales, que les prévisions annoncent en progression. La seconde repose sur la capacité des ménages à produire, acheter ou acheminer ces denrées dans des conditions satisfaisantes.
Dans les zones affectées par l’insécurité, cette seconde dimension reste particulièrement fragile. Même lorsque les récoltes nationales augmentent, les difficultés de circulation et de commercialisation peuvent réduire les effets positifs de cette progression.
Pour le Togo, le défi des prochains mois sera donc de consolider les résultats agricoles tout en préservant l’accès aux terres et aux marchés dans les territoires vulnérables. La réussite de la campagne ne se mesurera pas seulement aux tonnes récoltées, mais aussi à la capacité des ménages, notamment dans le nord, à en tirer une amélioration réelle de leurs conditions de vie.
La Rédaction

