L’épidémie d’Ebola-Bundibugyo continue de progresser en République démocratique du Congo, où plus de 9 000 infections et 4 300 décès sont désormais recensés. Alors que le virus gagne de nouveaux territoires, les autorités sanitaires préparent des essais vaccinaux pour tenter de freiner une crise devenue la plus meurtrière de l’histoire du pays.
La République démocratique du Congo affronte une crise sanitaire d’une ampleur exceptionnelle. Selon le dernier bilan communiqué le 13 octobre par l’Institut national de santé publique (INSP), l’épidémie d’Ebola a atteint 9 066 cas confirmés et 4 381 décès, soit un taux de létalité de 48,3 %. Près d’une personne diagnostiquée sur deux est ainsi décédée depuis l’apparition du virus, dont la circulation aurait commencé plusieurs semaines avant sa déclaration officielle en mai 2026.
Cette dix-septième épidémie congolaise dépasse désormais celle de 2018-2020, qui avait provoqué près de 2 300 décès. Elle constitue la deuxième plus importante flambée d’Ebola jamais enregistrée dans le monde, derrière la crise qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.
Une propagation difficile à contenir
Initialement détectée dans la province de l’Ituri, au nord-est du pays, l’épidémie touche désormais sept provinces et 65 zones de santé. Les territoires de l’Ituri et du Nord-Kivu concentrent l’essentiel des infections, mais de nouveaux foyers continuent d’apparaître malgré les mesures de surveillance.
La riposte se heurte à plusieurs obstacles. L’insécurité complique l’accès aux localités isolées, tandis que le manque de personnel médical et les déplacements de populations favorisent la circulation du virus. La méfiance envers les équipes sanitaires retarde également la détection des malades et le suivi des personnes exposées, augmentant les risques de contamination au sein des familles et des communautés.
Un virus encore privé de vaccin homologué
L’une des principales difficultés réside dans la nature du virus responsable de cette épidémie. Ebola-Bundibugyo ne dispose actuellement d’aucun vaccin ni traitement spécifique homologué, contrairement à la variante Zaïre, contre laquelle des moyens de prévention et de traitement existent.
Le vaccin Ervebo, efficace contre cette dernière, fait l’objet d’évaluations pour déterminer s’il pourrait également protéger contre Bundibugyo. Des travailleurs de santé et des intervenants de première ligne ont déjà reçu des doses dans le cadre de protocoles encadrés, mais son efficacité contre la variante actuelle reste inconnue.
L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) prépare parallèlement un essai clinique en RDC avant la fin d’octobre. Cette recherche doit permettre d’obtenir des données fiables sur la protection vaccinale, sans constituer une réponse immédiate à l’ensemble des infections en cours.
Une menace qui franchit les frontières
L’épidémie inquiète également les pays voisins. Après des contaminations enregistrées en Ouganda, le Kenya a confirmé début octobre son premier cas importé, chez un ressortissant ayant voyagé depuis la RDC. Cet épisode souligne les difficultés de surveillance dans une région marquée par d’importants mouvements transfrontaliers.
Face à cette progression, les autorités sanitaires doivent intensifier le dépistage, l’isolement des malades, la prise en charge précoce et la sensibilisation communautaire. La recherche vaccinale représente un espoir, mais la priorité immédiate demeure l’interruption des chaînes de transmission.
Pour la RDC, l’enjeu dépasse désormais le franchissement d’un seuil statistique. Il s’agit d’empêcher qu’une épidémie déjà historique ne s’enracine davantage dans des territoires où les conflits et la fragilité du système de santé compliquent chaque intervention.
La Rédaction

