Face aux troubles liés à l’usage de drogues et d’autres substances psychoactives, le premier interlocuteur n’est pas toujours un spécialiste. Il peut être enseignant, soignant généraliste, policier ou gendarme. À Danyi, leur formation commune dessine une réponse davantage ancrée dans les lieux où les premiers signes apparaissent.
Organisée les 28 et 29 septembre à Apéyémé par le ministère chargé de la Santé, avec l’appui de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), la session a réuni des responsables de formations sanitaires, des acteurs de l’enseignement et des forces de l’ordre et de sécurité.
Ce choix est significatif. Il déplace la prévention et la prise en charge au-delà du seul système médical spécialisé, en associant ceux qui peuvent être confrontés quotidiennement à une consommation problématique.
Repérer plus tôt, orienter plus vite
Les participants ont été formés à l’identification des troubles liés aux substances psychoactives, aux principes de traitement et au processus de récupération. La gestion des situations difficiles, l’accompagnement des personnes concernées et la prévention des traumatismes secondaires ont également été abordés.
Cette approche prend une importance particulière dans un pays où l’offre spécialisée en santé mentale reste limitée. L’OMS indiquait encore en juin 2026 que le Togo comptait moins de dix psychiatres agréés pour plus de huit millions d’habitants.
Dans ces conditions, renforcer la première ligne permet de ne pas attendre qu’une situation se dégrade avant d’intervenir. À l’école, un changement de comportement peut alerter. Dans une formation sanitaire périphérique, certains signes peuvent conduire à une orientation. Face aux forces de sécurité, une situation liée à la consommation peut aussi nécessiter une réponse sanitaire parallèlement aux éventuelles procédures prévues par la loi.
L’école au cœur de la prévention
L’implication du secteur éducatif constitue l’autre dimension importante de l’initiative. Le Plan stratégique de santé mentale 2024-2027 du Togo prévoit notamment de renforcer la prévention de l’usage des substances psychoactives chez les adolescents et les jeunes.
L’OMS prévoit d’ailleurs un accompagnement technique pour prolonger la formation par des actions de sensibilisation dans les établissements scolaires et les communautés.
C’est là que se mesurera réellement l’intérêt de la démarche engagée à Apéyémé. Dans un système disposant de peu de spécialistes, la réponse aux addictions dépend aussi de la capacité des acteurs de proximité à reconnaître suffisamment tôt une situation préoccupante, puis à conduire la personne vers une prise en charge adaptée.
La Rédaction

