L’écosystème entrepreneurial togolais ne manque pas d’initiatives destinées à encourager les jeunes. Mais transformer une idée prometteuse en entreprise capable de se développer, de trouver des partenaires et de conquérir de nouveaux marchés reste une autre étape. Le rapprochement envisagé entre le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Fondation Tony Elumelu ouvre une réflexion sur cette dimension encore déterminante de l’accompagnement entrepreneurial.
Au Togo, l’appui aux jeunes porteurs de projets prend progressivement des formes diverses : formation, innovation technologique, accompagnement des femmes entrepreneures ou soutien aux initiatives agricoles. Le PNUD participe à cette dynamique, notamment à travers l’UniPod, le Centre universitaire d’innovation et de technologies, conçu comme un espace de rencontre entre compétences, créativité et entrepreneuriat.
L’institution onusienne cherche désormais à élargir cette démarche. Des discussions ont été engagées avec la Fondation Tony Elumelu, organisation panafricaine dont les programmes s’adressent aux entrepreneurs des 54 pays du continent. L’information, rendue publique lundi 28 septembre, laisse entrevoir une possible articulation entre les dispositifs locaux d’accompagnement et les réseaux professionnels africains.
Des projets accompagnés, mais des marchés à conquérir
La création d’une entreprise ne représente qu’une première étape dans un parcours économique souvent plus complexe. Une fois son activité lancée, un jeune entrepreneur doit consolider son modèle commercial, identifier des clients, mobiliser des ressources et parfois rechercher des partenaires disposant de compétences complémentaires.
Ces difficultés prennent une dimension particulière lorsque les ambitions dépassent le marché national. Une solution numérique ou une innovation agricole développée au Togo peut répondre à des besoins similaires au Ghana, au Bénin, en Côte d’Ivoire ou ailleurs sur le continent. Son potentiel économique dépend néanmoins de la capacité de son promoteur à identifier ces opportunités et à établir les relations nécessaires pour les exploiter.
C’est sur ce terrain que le dialogue entre le PNUD et la Fondation Tony Elumelu présente un intérêt. Les échanges portent sur l’accès à des programmes d’accompagnement et de formation, mais également sur l’intégration des jeunes entrepreneurs dans des réseaux continentaux.
L’enjeu d’une ouverture panafricaine
Pour l’écosystème togolais, cette perspective pourrait compléter le travail réalisé au sein des structures d’innovation existantes.
L’UniPod constitue déjà un point de rencontre entre entrepreneurs togolais et africains. Un rapprochement avec la Fondation Tony Elumelu permettrait d’explorer des possibilités supplémentaires de mentorat, de collaboration et de partage d’expériences, en s’appuyant sur une organisation dont le champ d’intervention couvre l’ensemble du continent.
L’intérêt économique d’une telle ouverture dépasse la simple participation à des rencontres internationales. Pour une jeune entreprise, disposer d’un réseau professionnel élargi peut faciliter l’identification de partenaires commerciaux, améliorer la connaissance d’autres marchés et contribuer à la préparation d’une nouvelle phase de développement.
Cette ambition suppose toutefois des mécanismes suffisamment concrets pour que les opportunités ne restent pas réservées aux entrepreneurs déjà les mieux connectés.
Un rapprochement dont les résultats restent à construire
À ce stade, les discussions ne constituent pas encore un partenariat opérationnel. Aucun financement conjoint, calendrier de déploiement ou nombre de bénéficiaires togolais n’a été annoncé dans les informations rendues publiques.
La portée de cette initiative dépendra donc des modalités qui seront éventuellement retenues, notamment des conditions d’accès aux programmes et de la continuité de l’accompagnement proposé aux entrepreneurs.
Au-delà du rapprochement institutionnel, le sujet renvoie à une question plus large pour le Togo : comment permettre aux entreprises émergentes de franchir un nouveau palier après leurs premières années d’activité ?
L’ouverture vers les réseaux africains représente une piste, à condition qu’elle se traduise par des relations professionnelles durables et des perspectives commerciales réelles. Pour les jeunes entrepreneurs togolais, l’enjeu n’est plus seulement de disposer d’un environnement favorable à la création de projets, mais de trouver les moyens de les développer au-delà de leur marché d’origine.
La Rédaction

