Après deux scrutins sans mouvement, la candidature de Macky Sall au secrétariat général de l’ONU vient d’enregistrer son premier recul. L’ancien président sénégalais passe de sept à neuf avis défavorables au Conseil de sécurité, tandis que ses soutiens diminuent de six à cinq. Un déplacement limité en apparence, mais qui change l’équation de sa candidature.
Les deux premiers votes avaient installé une forme de statu quo. Le 30 juillet puis le 21 août, Macky Sall avait obtenu exactement le même résultat : six « encourage », sept « discourage » et deux « no opinion ». Le troisième scrutin indicatif, organisé vendredi 18 septembre à huis clos par les quinze membres du Conseil de sécurité, rompt cette stabilité.
Le Sénégalais recueille désormais cinq encouragements, neuf avis défavorables et un sans opinion. Autrement dit, il perd un soutien tandis que le nombre de membres qui ne souhaitent pas encourager sa candidature augmente. Plus que sa position dans le classement, c’est cette évolution qui constitue le principal enseignement du troisième tour.
Le réservoir des indécis s’est presque refermé
Pour Macky Sall, l’arithmétique devient plus contraignante. Lors des deux premiers scrutins, deux membres du Conseil ne s’étaient prononcés ni pour ni contre lui. Il n’en reste désormais qu’un.
Même en ralliant ce dernier indécis, l’ancien président sénégalais ne disposerait que de six encouragements. Or une recommandation formelle du Conseil de sécurité nécessite au moins neuf voix favorables et l’absence de veto d’un des cinq membres permanents. Il faudrait donc désormais que plusieurs membres ayant exprimé un avis défavorable changent de position.
Ce troisième vote ne signifie pas que Macky Sall est éliminé. Les « straw polls » sont précisément conçus pour tester les candidatures, révéler les résistances et permettre aux négociations diplomatiques de se poursuivre avant la décision formelle. Mais après deux scrutins figés, le mouvement enregistré cette fois ne va pas dans son sens.
Neuf oppositions, mais lesquelles ?
Une inconnue essentielle demeure : l’identité des neuf membres ayant exprimé un avis défavorable. Les bulletins utilisés lors de ce troisième tour ne distinguaient toujours pas les cinq membres permanents, Chine, États-Unis, France, Royaume-Uni et Russie, des dix membres élus.
Il est donc impossible de déterminer si Macky Sall rencontre simplement une forte opposition parmi les membres élus ou si l’une des puissances disposant du droit de veto s’oppose déjà à sa candidature. Cette distinction deviendra décisive à mesure que la procédure avancera.
Le Conseil peut en effet recommander un candidat à partir de neuf voix, mais cette majorité ne suffit pas si un membre permanent s’y oppose lors du vote formel. C’est ce double verrou, majorité et absence de veto, qui rend la lecture des prochains scrutins particulièrement importante.
La course reste ouverte
Le recul de Macky Sall intervient dans une compétition qui n’a toujours pas produit de consensus. Au troisième tour, la Costaricienne Rebeca Grynspan obtient neuf encouragements, cinq avis défavorables et un sans opinion. Carolyn Rodrigues-Birkett, du Guyana, recueille huit soutiens, six oppositions et un sans opinion. Aucune candidature ne réunit donc encore les conditions nécessaires à une recommandation.
Cette fragmentation distingue jusqu’ici la course de 2026 de celle de 2016. À un stade comparable, António Guterres s’était déjà nettement détaché et n’avait jamais obtenu moins de onze encouragements durant les différents scrutins indicatifs. Security Council Report relève qu’en 2026, les membres du Conseil peinent davantage à se regrouper autour d’une candidature.
Pour Macky Sall, le troisième vote produit néanmoins un avertissement particulier. Les deux premiers indiquaient une candidature qui ne gagnait pas de terrain. Le troisième montre désormais qu’elle en perd. La suite dépendra donc moins du dernier indécis que de la capacité de sa diplomatie à comprendre, puis à faire reculer, les oppositions qui sont passées de sept à neuf.
La Rédaction
Sources : Reuters ; Security Council Report ; Nations unies.

