La Côte d’Ivoire et la Mauritanie donnent une nouvelle assise juridique à leur coopération culturelle. Le Conseil des ministres ivoirien a récemment adopté un décret portant ratification de l’accord signé le 9 décembre 2025 à Abidjan entre les deux pays dans le domaine de la culture.
Le texte vise à structurer davantage les échanges artistiques et culturels entre Abidjan et Nouakchott. Il prévoit notamment de faciliter la mobilité des créateurs et de favoriser le développement de coproductions cinématographiques et audiovisuelles, deux leviers susceptibles de donner une dimension plus concrète au rapprochement culturel entre les deux capitales.
Un cadre pour faire circuler davantage les artistes et les œuvres
Au-delà de la ratification elle-même, l’accord cherche à réduire les obstacles qui freinent encore la circulation des professionnels de la culture entre les deux pays. Pour les artistes, producteurs et entrepreneurs culturels, l’enjeu sera désormais de transformer ce cadre institutionnel en projets communs, en résidences, en créations partagées et en collaborations durables.
Le cinéma et l’audiovisuel occupent une place particulière dans cette coopération. La possibilité de développer des coproductions ouvre la voie à des projets associant financements, équipes techniques, talents et marchés issus des deux pays. À terme, ces échanges pourraient également profiter à d’autres secteurs des industries culturelles et créatives, notamment la musique, l’édition, le design ou les contenus numériques.
Abidjan veut renforcer le poids de ses industries créatives
Cette ratification intervient alors que la Côte d’Ivoire cherche à consolider sa position dans les industries culturelles et créatives. Début septembre, le gouvernement réaffirmait encore son ambition de faire du pays un hub régional dans ce domaine, en renforçant notamment la structuration des acteurs et l’environnement professionnel du spectacle vivant.
L’accord avec la Mauritanie s’inscrit dans cette dynamique d’ouverture. Il permet à Abidjan d’élargir ses partenariats vers un espace culturel à la fois ouest-africain, sahélien et arabophone, tandis que Nouakchott bénéficie d’un accès renforcé à un écosystème culturel ivoirien particulièrement actif dans la musique, l’audiovisuel et l’événementiel.
Un rapprochement à mesurer désormais sur le terrain
La signature puis la ratification d’un accord ne garantissent toutefois pas, à elles seules, l’intensification des échanges. Le véritable indicateur sera désormais le nombre de projets effectivement lancés, la mobilité réelle des créateurs et la capacité des deux pays à faire émerger des coproductions visibles.
L’intérêt de ce rapprochement réside précisément là. Abidjan et Nouakchott disposent désormais d’un cadre commun pour transformer une relation culturelle institutionnelle en collaborations plus concrètes entre artistes, producteurs et industries créatives.
La Rédaction

