Le 8 septembre rappelle que la maîtrise de la lecture et de l’écriture reste déterminante pour l’autonomie, l’éducation et le développement
Chaque année, le 8 septembre, l’UNESCO célèbre la Journée internationale de l’alphabétisation. Proclamée en 1966 et célébrée depuis 1967, elle marque en 2026 son 60ᵉ anniversaire, autour du thème « L’alphabétisation pour les personnes, la planète et la prospérité ».
Malgré les progrès accomplis, le défi reste considérable. Selon l’UNESCO, au moins 739 millions de jeunes et d’adultes ne disposaient toujours pas des compétences fondamentales en alphabétisation en 2024. Dans le même temps, quatre enfants sur dix n’atteignaient pas le niveau minimal de maîtrise de la lecture.
Lire et écrire dans une société profondément transformée
L’alphabétisation ne se limite plus à la capacité de déchiffrer un texte ou d’écrire quelques phrases. L’utilisation croissante des services numériques, les démarches administratives en ligne et la circulation massive de l’information exigent désormais des compétences plus larges.
La capacité à comprendre une information, utiliser des outils numériques et développer un regard critique devient indispensable pour accéder aux services publics, rechercher un emploi, exercer ses droits ou participer pleinement à la vie économique et citoyenne.
L’UNESCO inscrit ainsi l’alphabétisation dans une logique d’apprentissage tout au long de la vie et la considère comme un levier d’autonomisation, de réduction de la pauvreté et d’amélioration des conditions de vie.
Au Togo : alphabétiser, mais aussi empêcher les ruptures scolaires
Au Togo, la lutte contre l’analphabétisme associe alphabétisation, éducation non formelle et maintien des enfants dans le système scolaire. L’enjeu est à la fois de permettre aux adultes et aux jeunes déscolarisés d’acquérir les compétences fondamentales et d’éviter que de nouvelles générations ne quittent l’école sans savoir suffisamment lire, écrire et compter.
Cette politique prend une dimension particulière dans la région des Savanes, où les vulnérabilités économiques et sécuritaires fragilisent certains parcours scolaires. Le projet « Toutes et Tous à l’École », lancé en 2026 avec les autorités togolaises, vise ainsi à améliorer l’accès et le maintien à l’école de plus de 17 000 enfants, en portant une attention particulière aux enfants hors du système scolaire et aux populations vulnérables.
Cette articulation est essentielle : lutter contre l’analphabétisme signifie aussi agir en amont contre la déscolarisation et l’exclusion éducative. Les politiques d’alphabétisation rejoignent ainsi celles de protection de l’enfance, d’inclusion et d’égalité d’accès à l’éducation.
En Afrique : l’alphabétisation demeure un défi majeur de développement
L’Afrique subsaharienne reste particulièrement concernée par les difficultés d’accès aux compétences fondamentales. La croissance démographique, les abandons scolaires, les conflits, la pauvreté et les disparités entre zones urbaines et rurales compliquent les efforts engagés.
La question linguistique constitue également un enjeu important. Dans des sociétés profondément multilingues, l’utilisation des langues nationales et locales peut faciliter l’accès aux apprentissages, notamment pour les adultes éloignés du système scolaire.
L’alphabétisation des femmes demeure enfin déterminante : ses bénéfices dépassent l’individu et peuvent se répercuter sur la santé familiale, la scolarisation des enfants, l’autonomie économique et les conditions de vie du foyer.
Faire de l’alphabétisation une porte ouverte sur l’autonomie
Soixante ans après l’institution de cette journée, savoir lire et écrire reste une condition fondamentale pour exercer ses droits et trouver sa place dans une société de plus en plus complexe.
La Journée internationale du 8 septembre rappelle ainsi que l’alphabétisation ne relève pas uniquement de l’éducation : elle constitue aussi un enjeu social, économique et de dignité humaine.
La Rédaction

