Produire localement ne suffit plus pour conquérir un marché. Encore faut-il démontrer la qualité, la sécurité et la conformité du produit. Au Togo, 46 normes consacrées aux filières agroalimentaires prioritaires viennent d’être placées au cœur d’une stratégie qui cherche à faire franchir ce cap aux transformateurs, notamment aux petites et moyennes entreprises.
L’enjeu est particulièrement important pour les unités de transformation qui ambitionnent de dépasser leur marché de proximité. Plus un produit alimentaire vise des circuits de distribution structurés ou des débouchés régionaux et internationaux, plus les exigences techniques deviennent déterminantes.
Les travaux conduits les 17 et 18 août à Lomé par la Haute autorité de la qualité et de l’environnement (HAUQE) ont précisément porté sur cette frontière entre production et accès au marché.
46 référentiels pour professionnaliser les filières
Les normes présentées fixent des références techniques applicables aux activités de production et de transformation agroalimentaires. Elles doivent permettre aux entreprises de mieux maîtriser leurs procédés et de démontrer la conformité de leurs produits.
Mais la difficulté réside souvent dans leur appropriation par les plus petites structures. Les TPME disposent rarement des mêmes moyens techniques, humains ou financiers que les grandes entreprises pour adapter leurs procédés et engager une démarche de certification.
Le dispositif prévoit donc un accompagnement vers des certifications reconnues, concernant aussi bien les produits que les procédés et les services.
La certification comme passeport commercial
Derrière la question sanitaire se joue également celle de la compétitivité. Une entreprise capable de démontrer la conformité de sa production inspire davantage confiance aux consommateurs, mais peut surtout accéder à des circuits commerciaux dont elle resterait autrement exclue.
Le président de la HAUQE, Botré Essohanam, défend ainsi une approche dans laquelle la norme ne doit plus être considérée comme une formalité administrative supplémentaire, mais comme un outil de performance économique.
Le Programme de résilience du système alimentaire en Afrique de l’Ouest (FSRP), soutenu par la Banque mondiale, accompagne cette démarche avec le ministère chargé de l’Agriculture.
Pour les transformateurs togolais, le défi commence donc véritablement après les ateliers. Les 46 normes n’auront d’impact que si elles permettent aux entreprises de convertir la qualité de leurs produits en confiance des consommateurs, en certifications et, finalement, en nouveaux débouchés.
La Rédaction

