Les 14 et 15 août 2026, l’exposition « The Ga Legacy in Colour » investit House of Estila, à Londres. À travers les œuvres de l’artiste Kukueley Maclean, la langue ga, les symboles traditionnels et la mémoire d’Accra trouvent une nouvelle expression visuelle destinée notamment aux générations de la diaspora.
Londres – Une langue peut-elle survivre autrement que par la parole ? C’est la question posée par « The Ga Legacy in Colour », exposition immersive qui s’ouvre le 14 août à House of Estila, dans le quartier londonien de Clerkenwell. Pendant deux jours, l’artiste graphique Kukueley Maclean transforme mots, symboles et fragments de mémoire ga en compositions contemporaines fondées sur la couleur, la forme et le rythme.
Originaire d’un univers culturel lié au peuple Ga d’Accra et installée à Londres, l’artiste travaille à partir de mots en langue ga et des Gã Samai, symboles traditionnels porteurs de sagesse. Chaque création fonctionne comme une petite archive visuelle, conçue pour maintenir vivants des éléments culturels menacés par l’éloignement géographique et les transformations générationnelles.
Une mémoire transmise par la couleur

L’exposition établit un pont entre passé, présent et avenir. Elle rend hommage aux anciens et aux conteurs qui ont assuré la transmission des savoirs, tout en s’adressant directement à une génération souvent partagée entre plusieurs villes, langues et références culturelles.
Cette démarche donne à l’art une fonction qui dépasse la décoration. En inscrivant la langue ga dans des œuvres contemporaines, Kukueley Maclean lui offre une nouvelle visibilité et rappelle qu’un patrimoine immatériel peut également se transmettre par l’image.
Accra racontée depuis Londres

Présenter cette mémoire ghanéenne dans la capitale britannique ajoute une dimension particulière au projet. Londres abrite une importante diaspora africaine et constitue un espace où les identités héritées se confrontent constamment aux expériences contemporaines.
« The Ga Legacy in Colour » transforme ainsi l’éloignement en outil de transmission. Accra reste au cœur du récit, mais sa langue et ses symboles voyagent, se recomposent et trouvent un nouveau public.
En reliant identité ga, création contemporaine et expérience diasporique, l’exposition montre qu’un héritage ne reste vivant que lorsqu’il continue d’être raconté, interprété et transmis.
La Rédaction

