Dans les zones agropastorales du nord du Togo, un forage mal situé, un pâturage dégradé ou un couloir de transhumance mal délimité peuvent rapidement devenir des sources de tension. À Oti-Sud 1, les plans de gestion prévus jusqu’en 2029 partent de cette réalité : préserver la coexistence entre agriculteurs, éleveurs et communautés passe aussi par une organisation plus claire de l’espace et des ressources qu’ils doivent partager.
Présentés en fin de semaine dernière à Gando aux élus locaux et aux acteurs des quatre cantons de la commune, les Plans simples de gestion et de résilience des aires pastorales couvrent la période 2025-2029. Portés par l’ONG GEVAPAF dans le cadre du projet 3ARC, ils prévoient notamment la restauration des pâturages, la délimitation des couloirs de transhumance, la réalisation de forages et de points d’eau ainsi que la construction de marchés à bétail.
Derrière ces infrastructures se joue toutefois un enjeu plus large : réduire les occasions de concurrence entre différents usages du territoire.
Partager avant que les tensions ne s’installent
Lorsque les animaux manquent d’eau ou de pâturage, leurs déplacements peuvent empiéter sur les espaces cultivés. À l’inverse, l’extension des champs peut réduire les passages traditionnellement utilisés par les troupeaux. Sans règles comprises et acceptées par tous, ces situations peuvent nourrir des différends entre agriculteurs, éleveurs et communautés riveraines.
Les plans mis en place à Oti-Sud 1 cherchent précisément à agir en amont. Les cadres locaux chargés de la gestion des ressources agropastorales doivent être renforcés, tandis que des rencontres communautaires, des émissions radiophoniques et des actions de sensibilisation sont prévues pour favoriser le dialogue.
La démarche reconnaît ainsi qu’un ouvrage, à lui seul, ne règle pas un conflit d’usage. Un point d’eau ou un couloir de transhumance n’est réellement utile que si ses conditions d’accès, d’entretien et de partage sont clairement établies.
Faire de l’aménagement un outil de cohésion
Le programme accorde également une place à la restauration des ressources naturelles, au reboisement et à la création d’activités économiques pour les jeunes et les femmes. L’objectif est de réduire la pression sur les espaces disponibles tout en diversifiant les possibilités de revenus dans les communautés concernées.
Pour la commune Oti-Sud 1, ces plans doivent servir de cadre de référence afin de mieux coordonner les investissements et les décisions jusqu’en 2029.
Le projet 3ARC, soutenu financièrement par l’Agence française de développement et techniquement par l’ONG Actif for Life, est également déployé dans les communes Oti 2, Kéran 1, Kpendjal 2 et Kpendjal-Ouest 1.
Dans ces territoires, la gestion pastorale ne relève donc plus seulement de l’élevage. Elle touche directement à la cohésion locale. Organiser l’eau, les pâturages et les déplacements du bétail revient aussi à réduire les espaces d’incertitude où les rivalités peuvent naître et s’installer.
La Rédaction

