Après plus d’un an de concertations et plusieurs échéances repoussées, l’État togolais referme progressivement la parenthèse des prolongations. Les occupants des emprises maritimes du Grand Lomé et des communes littorales de la préfecture des Lacs disposent jusqu’au 30 août pour démonter eux-mêmes leurs installations. Passé ce délai, la libération des espaces doit entrer dans sa phase d’exécution.
Le nouveau calendrier a été présenté par le Comité ad hoc chargé de lutter contre l’occupation anarchique du domaine public. Il accorde trois semaines supplémentaires aux exploitants concernés, notamment les tenanciers de bars et d’espaces de loisirs installés le long de la côte.
Cette nouvelle échéance est annoncée comme la dernière. Elle doit permettre aux occupants de procéder volontairement au démontage de leurs installations avant l’intervention des services publics.
La fin d’une longue séquence de reports
Les discussions entre les autorités et les acteurs économiques installés sur le littoral durent depuis plus d’un an.
Un premier délai avait été fixé au 28 février 2026, avant d’être repoussé au 31 mars, puis au 30 juin. À l’issue de cette dernière échéance, les exploitants ont demandé une nouvelle prolongation jusqu’au 4 janvier 2027.
Le Comité ad hoc a rejeté cette requête, estimant qu’elle aurait prolongé une occupation irrégulière du domaine public. Le 30 août devient ainsi la date à partir de laquelle les autorités entendent passer de la concertation à l’exécution.
Un arbitrage entre activités privées et patrimoine collectif
Pour les pouvoirs publics, le domaine maritime ne peut être occupé durablement sans autorisation ni respect des règles applicables.
La présidente du Comité ad hoc et gouverneure du District autonome du Grand Lomé, Zouréhatou Kassah-Traoré, a rappelé que ces espaces constituent un patrimoine collectif. Leur libération est présentée comme une mesure de restauration de l’ordre public, de protection du littoral et de sécurisation des zones concernées.
L’opération aura toutefois des conséquences directes pour les exploitants qui y ont développé des activités économiques. Le délai supplémentaire doit précisément leur permettre d’organiser le démontage de leurs installations plutôt que de subir une évacuation forcée.
Une opération appelée à s’étendre
La libération des emprises maritimes ne constitue que la première étape d’un programme plus large d’assainissement du domaine public dans le Grand Lomé.
Une seconde phase doit concerner les trottoirs, les emprises routières et les voies publiques occupés par des étalages ou des installations commerciales dans les treize communes de la capitale et de sa périphérie.
Le 30 août apparaît donc comme une échéance symbolique. Au-delà du littoral, il marque la volonté des autorités de reprendre le contrôle des espaces publics occupés en dehors du cadre légal.
La suite dépendra de la capacité de l’État à faire appliquer les décisions annoncées, mais aussi à gérer les conséquences sociales et économiques d’une opération qui touche directement des activités installées parfois depuis plusieurs années.
La Rédaction

