Elles maîtrisent la culture du riz, mais continuent d’effectuer une grande partie du travail à la main et peinent à écouler leur production. À Djagblé, les femmes du périmètre rizicole ne réclament plus seulement des encouragements : elles demandent des équipements modernes et des débouchés capables de transformer leur activité en véritable entreprise agricole.
Dans les rizières de Djagblé-Abobo, la principale difficulté n’est plus de démontrer le savoir-faire des productrices. Elle consiste désormais à franchir un cap économique. Faute de mécanisation suffisante, les travaux avancent lentement, tandis que l’absence d’acheteurs réguliers limite les revenus tirés des récoltes.
Les 58 femmes membres de l’Union des coopératives pour la gestion du périmètre Djagblé-Abobo ont exposé ces contraintes à l’occasion d’une visite organisée le 31 juillet par la fondation Agir ensemble pour l’Afrique.
Le poids du travail manuel
De la mise en terre des semences à la transformation du riz, plusieurs opérations restent réalisées manuellement. Cette dépendance à la force humaine allonge les délais, réduit les volumes produits et accroît la pénibilité du travail.
Pour les rizicultrices, l’accès à des équipements modernes permettrait d’améliorer les rendements, de mieux maîtriser les différentes étapes de la production et de renforcer la qualité du produit proposé aux consommateurs.
Mais la mécanisation ne résoudrait qu’une partie du problème. Produire davantage n’a de sens que si les récoltes peuvent être vendues à des conditions suffisamment rémunératrices.
Le marché, autre maillon faible
Les productrices disent éprouver des difficultés à trouver des débouchés stables. Cette incertitude commerciale fragilise leurs activités et limite leur capacité à investir dans de nouvelles campagnes agricoles.
Le défi consiste donc à rapprocher les coopératives des commerçants, des transformateurs, des structures publiques et des entreprises susceptibles d’acheter régulièrement le riz local.
Une meilleure organisation de la commercialisation permettrait également de réduire les pertes après récolte et d’offrir davantage de visibilité aux femmes sur leurs recettes futures.
Un appui de deux millions de FCFA
Dans le cadre de son accompagnement, la fondation AEA a remis un chèque de deux millions de FCFA à l’union des coopératives. Cet appui doit contribuer au financement des activités de production.
Les bénéficiaires ont également suivi des formations consacrées au leadership, au développement personnel et à la gestion financière. Ces compétences peuvent les aider à mieux administrer leurs ressources, à calculer leurs coûts et à négocier plus efficacement avec les partenaires commerciaux.
L’initiative s’inscrivait dans la célébration de la Journée internationale de la femme africaine, placée au Togo sous le thème de la levée des barrières auxquelles se heurtent les entrepreneures.
À Djagblé, ces barrières sont désormais clairement identifiées. L’autonomisation des rizicultrices dépendra moins des cérémonies que de leur accès durable aux machines, au financement et aux marchés. C’est à cette condition que leur travail pourra produire davantage de valeur, pour elles-mêmes comme pour l’économie locale.
La Rédaction

