À un peu plus de cinq mois de la fin du mandat d’António Guterres, la compétition pour la direction des Nations unies commence à prendre forme. L’Ouganda a officiellement présenté la candidature de l’ancien diplomate Olara Otunnu, une figure reconnue de l’organisation, qui rejoint les prétendants africains à la tête de l’ONU dans un contexte international marqué par de profondes crises géopolitiques.
Kampala mise sur un vétéran de la diplomatie internationale
Le gouvernement ougandais a officiellement désigné l’ambassadeur Olara Otunnu comme son candidat au poste de secrétaire général des Nations unies. Dans son argumentaire, Kampala met en avant plus de quarante années d’expérience au sein des institutions internationales, estimant que son parcours constitue un atout majeur pour diriger l’organisation à un moment où le multilatéralisme est confronté à de nombreux défis.
Les autorités ougandaises présentent leur candidat comme un homme d’État doté d’une solide expérience acquise aussi bien au sein des Nations unies que dans les sphères gouvernementales, universitaires et de la société civile.
Une carrière étroitement liée aux Nations unies
Olara Otunnu est l’une des personnalités africaines les plus expérimentées dans le système onusien.
Ancien secrétaire général adjoint des Nations unies, il a occupé entre 1998 et 2005 les fonctions de premier Représentant spécial du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés. Au cours de ce mandat, il a contribué à inscrire durablement la protection des enfants victimes des conflits parmi les priorités du Conseil de sécurité.
Le gouvernement ougandais rappelle également qu’il a participé à l’élaboration du mécanisme de surveillance instauré par la résolution 1612 du Conseil de sécurité, qui demeure aujourd’hui l’un des principaux instruments internationaux de suivi des violations commises contre les enfants dans les conflits armés.
Une expérience diplomatique et académique reconnue
Avant ses responsabilités au sein du Secrétariat des Nations unies, Olara Otunnu avait représenté l’Ouganda auprès de l’organisation entre 1980 et 1985. Durant cette période, il a notamment assuré la présidence du Conseil de sécurité en décembre 1981.
Kampala souligne aussi qu’il est à l’origine de la « formule Otunnu », une procédure de vote officieux qui continue d’être utilisée dans le processus de désignation du secrétaire général des Nations unies.
Sur le plan national, il a exercé les fonctions de ministre des Affaires étrangères entre 1985 et 1986 avant de poursuivre une carrière internationale à la tête de l’International Peace Academy, devenue par la suite l’International Peace Institute.
Son parcours comprend également plusieurs expériences universitaires, notamment à Albany Law School, à l’American University in Paris et à l’Institut français des relations internationales (IFRI). Lauréat de plusieurs distinctions internationales consacrant son engagement en faveur de la paix et des droits humains, il codirige depuis plusieurs années l’initiative Roco Paco, dédiée à la réconciliation et à la reconstruction des communautés du nord de l’Ouganda après plus de deux décennies de conflit.
Une succession stratégique pour les Nations unies
Le mandat de l’actuel secrétaire général, António Guterres, doit s’achever le 31 décembre 2026. Sa succession constitue déjà l’un des principaux dossiers diplomatiques des prochains mois, dans un contexte marqué par les conflits armés, les tensions entre grandes puissances, les crises climatiques et les défis liés au développement.
En présentant officiellement Olara Otunnu, l’Ouganda entend faire valoir le profil d’un diplomate rompu aux négociations internationales et à la gestion des crises multilatérales.
Cette candidature renforce également la présence africaine dans la compétition. Olara Otunnu devient ainsi le deuxième candidat africain officiellement déclaré, après l’ancien président sénégalais Macky Sall, dans une course qui s’annonce particulièrement suivie par les États membres de l’ONU.
La Rédaction

