Du 10 au 18 juillet 2026, le Festival international d’Art de la Performance et d’Arts Plastiques (EMOMÉ’ART) déploie sa huitième édition entre Tsévié, Lomé, Kpalimé et Kpimé Séva. Porté par l’association CASCAD-Togo, ce rendez-vous affirme la place grandissante de la performance dans la création contemporaine togolaise, en faisant du corps, du geste et de l’espace public les principaux vecteurs de réflexion artistique.
Une ouverture qui donne le ton de la création contemporaine togolaise
Le coup d’envoi du festival est donné le 10 juillet à l’Espace culturel Neva Éme de Tsévié, avec une soirée inaugurale ouverte gratuitement au public. Plus qu’un lancement officiel, cette première rencontre annonce l’ambition d’EMOMÉ’ART : faire sortir l’art contemporain des cadres traditionnels de l’exposition pour le transformer en une expérience vécue.
À travers la performance, les artistes ne présentent pas seulement une œuvre ; ils l’incarnent. Le corps devient matériau de création, l’espace un atelier à ciel ouvert et le spectateur un acteur de l’expérience artistique.
La performance, un art en pleine affirmation en Afrique
Encore méconnue d’une partie du grand public, la performance occupe une place croissante dans les grandes biennales et festivals internationaux. À la croisée des arts plastiques, de la danse, du théâtre, de la musique et parfois des technologies numériques, elle questionne les réalités sociales, les identités, la mémoire ou encore les mutations contemporaines.
Au Togo, EMOMÉ’ART contribue depuis plusieurs années à faire émerger cette discipline en offrant une plateforme d’expression à une nouvelle génération de créateurs. Le festival participe ainsi à l’élargissement du paysage artistique national tout en inscrivant les artistes togolais dans les réseaux internationaux de l’art contemporain.

Trois artistes pour ouvrir le dialogue
La soirée inaugurale réunit trois figures de la scène togolaise aux démarches complémentaires.
Ivalmok (Comlanvi Joël Adjamlan), ancien danseur du Ballet national du Togo, développe un univers où dialoguent mouvement, musique, technologies numériques et imaginaires afrofuturistes. Son travail interroge notamment les relations entre l’être humain, l’intelligence artificielle et les transformations du monde contemporain.
À ses côtés, Fo-Komla poursuit une recherche centrée sur le corps comme espace de mémoire, de résistance et d’expression, tandis que Basile Mathias investit régulièrement l’espace public à travers des interventions plastiques et performatives qui invitent le spectateur à reconsidérer son environnement quotidien.
En réunissant ces trois approches, EMOMÉ’ART affirme la diversité de la création togolaise actuelle et la richesse de ses langages artistiques.
Un festival itinérant au plus près des territoires
Après son ouverture à Tsévié, le festival poursuit son itinéraire au Goethe-Institut de Lomé avant de rejoindre Kpalimé et Kpimé Séva. Cette circulation entre plusieurs villes traduit une volonté de rapprocher l’art contemporain des populations et de favoriser les échanges avec différents publics.
Performances, rencontres et ateliers composent ainsi un parcours culturel qui dépasse le simple cadre de la diffusion artistique. Le festival devient un espace de médiation, de transmission et de création collective.
Le Togo affirme sa place sur la carte de l’art contemporain africain
À travers EMOMÉ’ART, le Togo confirme le dynamisme de sa scène artistique contemporaine. L’événement témoigne de l’émergence d’une génération de créateurs qui explorent de nouvelles formes d’expression tout en dialoguant avec les grands enjeux du monde actuel.
En privilégiant la performance, discipline fondée sur la présence, le geste et l’interaction, le festival rappelle que l’art contemporain ne se limite pas à l’objet exposé : il est aussi une expérience vivante, un espace de réflexion et un langage universel capable de créer des passerelles entre les cultures.
La Rédaction
Source : Association CASCAD-Togo – Festival international d’Art de la Performance et d’Arts Plastiques (EMOMÉ’ART) ; Festival des Solidarités ; Music In Africa ; Institut français du Sénégal (Villa Ndar) pour les informations relatives à Ivalmok.

